La collégiale Saint-Georges

Mise à jour (23/02/2019)

 

Au sud du Palais ducal s'élevait jadis la collégiale Saint-Georges. Fondée par le duc Raoul en 1339, elle devint un lieu incontournable de la vie de cour embelli par les souverains successifs. Elle servit de nécropole ducale et abrita de nombreux autres tombeaux, princiers ou non, dont le plus célèbre était celui de Charles le Téméraire. Rival des Cordeliers et du chapitre de la primatiale, le chapitre de Saint-Georges déclina à partir du XVIIe siècle. Partiellement détruite sous Léopold, la vieille collégiale fut rasée sous Stanislas. 

 

Vue d'ensemble de la collégiale Saint-Georges  (Claude Deruet, 1664, "Le Palais ducal" [détail] ; AM Nancy 3 Fi 47)
Vue d'ensemble de la collégiale Saint-Georges (Claude Deruet, 1664, "Le Palais ducal" [détail] ; AM Nancy 3 Fi 47)

L'histoire de la collégiale fut riche et longue. Après l'avoir évoquée, nous nous efforcerons de décrire cet édifice disparu avant d'en mentionner les principaux éléments de mobilier et le trésor. Nous nous intéresserons enfin aux nombreux tombeaux qui y ont été construits.


Historique

La fondation du duc Raoul

C'est au duc Raoul que revient la fondation de la collégiale Saint-Georges. Selon l'Histoire du chapitre de Saint-Georges et de ses prévôts (cité dans Henri Lepage, 1849, p. 159), c'est sa mère Elisabeth d'Autriche qui l'y aurait poussé. En effet, elle souhaitait que l’église abrite une relique de Saint-Georges (son crâne) dont elle avait hérité de son père, l'empereur Albert Ier de Habsbourg. La fondation de la collégiale, approuvée par l'évêque de Toul Thomas de Bourlémont, est datée de 1339, le jour de la fête du Saint-Sacrement. L'édifice, construit contre l'ancienne chapelle castrale Sainte-Catherine, fut placé sous le patronage de la Vierge et de Saint Georges. Un chapitre de vingt chanoines, dirigés par un prévôt élu,  fut créé et doté de terres et de revenus par le duc (Henri Lepage, 1849, p. 160). Raoul se posant, ainsi que ses successeurs, en protecteur de la collégiale, prescrivit que chaque nouveau souverain lorrain devrait confirmer les privilèges de Saint-Georges en offrant au chapitre le cheval qu'il montait lors de son entrée dans la capitale. Les baillis et prévôts de Nancy étaient également astreints à venir prêter serment lors de leur entrée en fonction. En retour, les chanoines avaient la tâche de dire, du vivant de leur fondateur, une messe le dimanche suivant la Saint-Georges et, après son décès, une messe de requiem au jour anniversaire de sa mort.

Sceaux du chapitre de Saint-Georges (Charles-François Chatelain in Henri Lepage, 1849, Pl. VI)
Sceaux du chapitre de Saint-Georges (Charles-François Chatelain in Henri Lepage, 1849, Pl. VI)

Les débuts du chapitre nancéien furent difficiles et l'évêque de Toul autorisa le duc à transférer les chanoines du château d'Einville dans la nouvelle collégiale (Henri Lepage, 1849, p. 161). Malgré cela, la vingtaine de chanoines prévue initialement ne fut jamais atteinte, leur nombre ne dépassant pas treize personnes. Dans les années qui suivirent, le duc multiplia les donations et institua de nombreuses messes à la mémoire de ses ancêtres réels ou légendaires (comme Garin le Lorrain). En 1341, pour honorer leur protecteur, les chanoines accordèrent à Raoul et ses successeurs la prébende de l'église ; c'est à dire que l'on prélevait, à son profit, une part des revenus de l'église en remerciement de son soutien.  Désormais, tous les ducs de Lorraine jouiront de la qualité de premier chanoine de la collégiale. La renommée de la collégiale commençait à croître et le pape Clément VI lui accorda divers privilèges dont quarante jours d'indulgences pour les pèlerins qui y viendraient pour la Saint-Georges (Henri Lepage, 1849, p. 163).

 

Le testament de Raoul prévoyait son inhumation devant le maître-autel de la collégiale (Henri Lepage, 1849, p. 164). Le duc prescrivait que le jour de ses funérailles, treize cierges portés par treize pauvres en habits blancs entourent sa dépouille. Trois de ses chevaux devaient également être vendus au profit du chapitre. Enfin, le souverain exigeait que l'édification de l'église soit achevée selon ses vœux. Seul ce dernier point lui fut accordé. En effet, lorsque Raoul trouva la mort à la bataille de Crécy en 1346, l'édifice n'était pas en mesure de le recevoir et il fut inhumé à l'abbaye de Beaupré. La duchesse Elisabeth, sa mère, avait émit un vœu comparable mais il n'est pas certain qu'il ait été respecté non plus.

De Jean Ier à René II

Les décennies qui suivirent la mort du duc Raoul furent difficiles pour la collégiale Saint-Georges qui avait perdu à la fois ses largesses et sa protection (Henri Lepage, 1849, p. 164-165). Le nouveau duc, Jean Ier, étant mineur, c'est sa mère Marie de Blois qui exerça la régence. Cette dernière fut confrontée à de nombreuses révoltes féodales ; ainsi, avec l'instabilité politique, les travaux de construction de la collégiale passèrent au second plan. N'étant plus autant soutenu, le chapitre rencontra des difficultés financières et fut contraint de céder certaines terres qui lui avaient été octroyées. Le pape Clément VI intervint pour faire cesser ces aliénations. La construction de l'église se poursuivait lentement, encouragée par le jeune duc qui autorisa, en 1366, les chanoines à utiliser les pierres de l'ancienne tour de Saurupt (Henri Lepage, 1849, p. 173). Le 27 mai 1373, Jean Ier alla plus loin et confirma officiellement les décisions prises par son père relatives au fonctionnement et à la protection ducale de la collégiale (Henri Lepage, 1849, p. 165). Dans les années qui suivirent, il acheva la construction de l'édifice. Il fonda également l'ordre des "Chevaliers aux Blanches manches" (dont Saint-Georges fut le siège),  ordre qui ne semble pas lui avoir survécu (Henri Lepage, 1849, p. 249). A sa mort, Jean Ier fut le premier souverain lorrain à être inhumé dans la collégiale. 

Vue d'artiste de la collégiale Saint-Georges au Moyen Age (Prosper Morey,  1865, "Château du duc Raoul à Nancy" [détail] in Prosper Morey, 1865, Pl I ; AM Nancy, 103 Fi 14)
Vue d'artiste de la collégiale Saint-Georges au Moyen Age (Prosper Morey, 1865, "Château du duc Raoul à Nancy" [détail] in Prosper Morey, 1865, Pl I ; AM Nancy, 103 Fi 14)

L'église fondée par Raoul connut, sous le règne de Charles II, une période d’embellissement. Épris de musique sacrée, le nouveau duc édifia une belle chapelle où il semble avoir introduit les premières orgues. Après lui, les princes de la maison d'Anjou se montrèrent également bienveillants envers la collégiale. René Ier enrichi le trésor de celle-ci en lui confiant une seconde relique de Saint Georges (l'un de ses fémurs) et diverses pièces d'orfèvrerie (Henri Lepage, 1849, p. 181). C'est également à partir de René Ier que les ducs vinrent prêter serment à la collégiale lors de leur première entrée dans Nancy. La seconde moitié du XVe siècle fut marquée par les guerres de Bourgogne. Lorsqu'il s'empara de la capitale lorraine, en 1475, Charles le Téméraire se montra très bienveillant et le gouverneur qu'il laissa, Jean de Rubempré, fit don au chapitre d'ornements liturgiques.

 

La bataille de Nancy, du 5 janvier 1477, marqua la libération définitive du duché de Lorraine. Victorieux, René II transforma Saint-Georges en un véritable sanctuaire national. Le Téméraire et Jean de Rubempré y furent ensevelis en grande pompe de même que Suffren de Baschi, le maître d’hôtel de René II pendu par les Bourguignons. À ces sépultures s'ajoutèrent plusieurs monuments comme un bas-relief commémoratif ou des trophées pris à l'ennemi. A la même époque, le duc entrepris la reconstruction du Palais ducal. L'aile René II fut érigée contre la collégiale ce qui favorisa plusieurs modifications significatives. Suite à ces travaux, le mur nord étant désormais aveugle, une tribune d'orgue fut installée. Une pièce et un escalier de la nouvelle aile furent affectés au service de cet instrument. René II exhaussa également la chapelle Charles II pour aménager un oratoire ducal directement relié au palais. A cette activité débordante, il faut ajouter l'édification du mausolée des ducs Jean Ier et Nicolas. Sous l'impulsion d'un tel prince, la collégiale connut son âge d'or et elle prit pour l'essentiel son aspect définitif. 

Concurrence et déclin

Le règne de René II fut marqué par les libéralités du ducs envers la collégiale. Cependant, en fondant, au nord du palais ducal, l'église et le couvent des Cordeliers, le vainqueur des Bourguignons créait de fait un établissement religieux concurrent du chapitre de Saint-Georges. Désormais, les donations ducales ou de l’aristocratie seraient souvent effectuées au profit des Cordeliers.  La fondation, par Charles III, de la primatiale dans la Ville-Neuve aggrava le problème en créant un second chapitre qui disputait à celui de Saint-Georges les honneurs et les préséances (Henri Lepage, 1849, p. 168-169). Mentionnons enfin qu'avec la construction de la chapelle ronde destinée à devenir le lieu de sépulture privilégié des ducs de Lorraine, la collégiale perdit presque totalement son rôle de mausolée dynastique. Parmi les successeurs de René II, seuls Henri II et son épouse choisirent de reposer dans la vieille église. Au demeurant, leur choix était davantage la conséquence de leur dévotion à Notre-Dame de Bonne Nouvelle que d'un intérêt particulier pour la collégiale de Raoul. 

Jean de Mousson, prévôt de Saint Georges (Friedrich Brentel, 1611, "[Cortège funèbre n°34]" [détail] in Pompe funèbre de Charles III ; Bibliothèque de l'INHA)
Jean de Mousson, prévôt de Saint Georges (Friedrich Brentel, 1611, "[Cortège funèbre n°34]" [détail] in Pompe funèbre de Charles III ; Bibliothèque de l'INHA)

La position des chanoines était donc fragilisée lorsque, à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, un conflit éclata entre eux et les évêques de Toul (Henri Lepage, 1849, p. 255-256). Le différend portait sur l'indépendance ou non du chapitre. Les évêques considéraient qu'en tant que paroisse de la cour, celui-ci leur était subordonné. Au contraire, les chanoines prétendaient ne dépendre que de la Papauté en vertu des privilèges qui leur avaient été octroyés du temps de Raoul. Ces querelles allaient perdurer jusqu'à la fin de la collégiale. 

 

À ces concurrences diverses s'ajoutèrent de grandes difficultés qui appauvrirent le chapitre (Henri Lepage, 1849, p. 167-168). Cela commença lorsque, en 1552, il fut décidé qu'il participerait aux charges publiques. Cette entorse aux privilèges fiscaux des chanoines était motivée par la montée de la menace française et les épidémies de peste. Après un répit sous Charles III et Henri II, le XVIIe siècle fut catastrophique en raison des guerres qui ravagèrent la Lorraine. Dès 1627, l'incendie qui ravagea le palais ducal détruisit la toiture de la collégiale et ravagea la sacristie. Certes, les voûtes en pierre n'avaient pas été touchées mais l'édifice et ses dépendances se trouvaient frappées en une époque où ils n'avaient plus les moyens d'entreprendre de gros travaux de rénovation. Les ressources du chapitre étaient désormais insuffisantes pour maintenir toutes les fondations qui avait été faites dans l'église. Aussi le chapitre vendit-il certains objets du mobilier tel qu'une statue de Saint Georges qui rapporta 1 325 francs (Henri Lepage, 1849, p. 168). 

La collégiale Saint-Georges à la mort de Charles III (Claude de la Ruelle, 1611, "Urbis Nancei Lotharingiae metropolis secundum formam quam hoc anno 1611 habet, exactissima delineatio" [détail] in Pompe funèbre de Charles III ; Bibliothèque de l'INHA)
La collégiale Saint-Georges à la mort de Charles III (Claude de la Ruelle, 1611, "Urbis Nancei Lotharingiae metropolis secundum formam quam hoc anno 1611 habet, exactissima delineatio" [détail] in Pompe funèbre de Charles III ; Bibliothèque de l'INHA)

La destruction de la collégiale

À l'aube du XVIIIe siècle, la vieille collégiale Saint-Georges n'était donc plus que l'ombre de ce qu'elle avait été au début du XVIe siècle. Elle n'en demeurait pas moins un monument emblématique de Nancy. C'est à ce titre que l'on peut la voir sur une oeuvre attribuée à Charles Guillot qui figure l'entrée des troupes françaises dans Nancy en décembre 1702 à l'occasion de la guerre de Succession d'Espagne (Musée lorrain, Inv. III.902). L'enceinte, avec ses échauguettes, enserre la ville de laquelle émergent plusieurs édifices. Tous ne sont pas identifiables mais la collégiale occupe une place de choix, dans le même axe que la Porte de la Craffe. Cette orientation est erronée puisque cette église s'ouvrait vers l'ouest et non vers le nord. Si l'artiste nancéien a fait le choix de désaxer la collégiale, il est probable que ce soit pour que son portail apparaisse et la rende reconnaissable. Ce point est d'autant plus intéressant que l'oeuvre est postérieure aux événements et à la destruction partielle de l'édifice en 1717 (date de naissance de l'artiste). Précisons que l'oeuvre n'a pas vocation au réalisme et si l'élévation est globalement correcte, on ne saurait attendre aucune justesse dans les détails.

Charles Guillot, Entrée des Français dans Nancy en 1702, Musée lorrain Inv. III.902 (cliché musee-lorrain.nancy.fr)
Charles Guillot, Entrée des Français dans Nancy en 1702, Musée lorrain Inv. III.902 (cliché musee-lorrain.nancy.fr)

Le règne de Léopold fut marqué par les grands projets architecturaux du duc. Afin de libérer l'espace nécessaire à l'édification du Louvre de Boffrand, il fut décidé de détruire une partie de l'église et de ses dépendances. Le duc prévoyait de conserver temporairement ce qui resterait de l'édifice en attendant qu'une nouvelle chapelle castrale ne soit édifiée dans le goût du temps (Henri Lepage, 1849, p. 183).  Par le biais de l'écolâtre Philbert, le chapitre adressa en 1717 des remontrances au souverain pour lui enjoindre de ne pas toucher à la fondation du duc Raoul. Cette démarche fut vaine et les travaux de démolition commencèrent deux mois plus tard. De nombreux monuments furent ainsi détruits ou déplacés tandis que les chanoines rédigeaient un procès-verbal destiné à garder le souvenir du dernier état de leur église. 

 

Après la démolition de la chapelle Charles II, ce fut le tour de l'abside et du transept. Les nombreuses sépultures qui s'y trouvaient furent détruites et les ossements placés dans une fosse creusée sous la nef ou, pour ceux des ducs et duchesses, dans le caveau d'Henri II (Henri Lepage, 1849, p. 184). Des membres des grandes familles lorraines vinrent reprendre les restes de leurs ancêtres pour leur trouver une nouvelle sépulture. Les offices ne pouvant être célébrés dans la collégiale, l'église des Dames Prêcheresses fut attribuée temporairement au chapitre de Saint-Georges (Henri Lepage, 1849, p. 185). La collégiale mutilée, fut rendue au culte le 19 décembre 1717. En raison de l'exiguïté de la nouvelle église, les processions furent suspendues sine die et les fondations qui avaient été faites sur des autels désormais disparus furent déplacés sur d'autres autels (Henri Lepage, 1849, p. 189). Le duc Léopold accorda une indemnité annuelle de 2 100 francs pour les pertes causées au chapitre. De plus, prévoyant sans doute que la construction d'une nouvelle chapelle palatiale risquait d'être longue, il estima qu'il était nécessaire d'embellir l'édifice existant. Le peintre Claude Charles réalisa donc trois tableaux pour lesquels il fut rémunéré en 1719 (B. 1639 ; Henri Lepage 1856, p. 210).

 

L'histoire religieuse de la collégiale s'acheva sous Stanislas. Celui-ci supprima le chapitre, et l'unit à celui de la primatiale, par lettre-patente datée du 10 septembre 1742 (Henri Lepage, 1849, p. 169-171). Certains éléments de mobiliers furent déplacés. De la même manière, ce qui restait du trésor de Saint-Georges fut uni au trésor de la primatiale. Malheureusement, une partie importante de l'argenterie fut fondue en 1753 pour fabriquer la croix et les six grands chandeliers du maître-autel de l'église. Les archives (ADMM G. 309) nous apprennent que disparurent à cette occasion les pièces suivantes :

  • une effigie de Melchisédech
  • la grosse croix et les chandeliers (sans doute ceux réalisés en 1668 pour le maître-autel)
  • un sceau en argent
  • une effigie de la Vierge
  • le bâton du prévôt surmonté d'un aigle de vermeil
  • deux bâtons de choristes
  • deux bâtons pour porter la croix
  • un buste de Saint Georges (peut-être le reliquaire contenant son crâne)
  • un buste de Saint Maurice
  • un buste de Sainte Catherine
  • deux devants d'autels aux armes de Lorraine et des Lenoncourt

La perte de ces pièces d’orfèvrerie est d'autant plus regrettable que la croix et les chandeliers qui furent réalisés en les sacrifiant ne résista pas à la Révolution. Ceux qui ornent aujourd'hui le maître-autel de la cathédrale de Nancy sont du XIXe siècle.

 

Vidée de son mobilier, la vieille collégiale était désormais inutilisé. Le bâtiment fut cédé à la ville de Nancy qui s'en servi comme grenier pendant un temps. Avec la construction de la nouvelle intendance (actuel palais du gouvernement), il fut projeté de le détruire pour construire une dépendance et aménager la place de la Petite-Carrière. Ayant appris que l'église allait être finalement détruite, l'ancien duc François III fit transférer dans la chapelle ronde les sépultures ducales le 4 février 1743 (Henri Lepage, 1849, p. 190). La collégiale pu donc être détruite et rien n'en rappelle aujourd'hui le souvenir.

Vestiges archéologiques

Il reste à mentionner que si le site de la collégiale n'a jamais fait l'objet de fouilles archéologiques, des découvertes ont eu lieu à la fin du XIXe siècle lors de différentes fouilles de sauvetage. Le Journal de la Société d’Archéologie Lorraine et du Comité du Musée Lorrain permet d'avoir connaissance de ces mises au jour.

  • En 1889, des travaux liés aux égouts municipaux eurent lieu dans la Petite-Carrière (JSAL 1889, p. 275-276). On découvrit une clef de voûte avec une rosace et un fragment tumulaire qui furent donnés par la municipalité au musée. Ces deux pièces figurèrent ensemble dans l'inventaire de 1895 sous le n°43. 
  • En 1893, des travaux dans les annexes du palais du gouvernement permirent la découverte d'un fragment de pierre tumulaire (XVe siècle) et d'un fragment de voussure composée d'un tore très saillant bordant une plate-bande décorée de motifs végétaux (début XVIe siècle). Il n'est pas précisé si ces éléments furent conservés ou non (Gaston Save & Charles Schuler, 1893, p. 291-292).
  • En 1895, la pose de tuyaux de grès dans l'Hémicycle occidentale de la Place Carrière permit de découvrir de nouveaux fragments utilisés quant à eux dans les fondations réalisées sous Léopold pour le Louvre de Boffrand  (Gaston Save, 1895). Il s'agissait de meneaux à chanfrein d'une fenêtre gothique portant des attaches de vitraux et d'un fragment de nervure d'arête dont le tore est muni d'un filet carré (fin XVe-début XVIe siècle). Seul le second élément est censé avoir été déposé au Musée lorrain.

Il semble qu'aucun des éléments mis au jour au XIXe siècle n'ait été conservé dans les collections du Musée lorrain. En revanche, des travaux de voirie réalisés sur la Petite-Carrière en 2005 ont entraîné la découverte, par René Elter, de nouveaux vestiges :

  • une clé de voûte ornée d'un blason muet (Inv. 05.10.06.312). 
  • trois claveaux de croisées d'ogives (Inv. 05.10.06.313 ; Inv. 05.10.06.314 et Inv. 05.10.06.315)
  • quatre claveaux d'arcs (Inv. 05.10.06.316 ; Inv. 05.10.06.317 ; Inv. 05.10.06.318 et Inv. 05.10.06.319)
  • une base de pilier de 45 cm de haut (Inv. 05.10.06.320). 

L'église collégiale

Organisation spatiale

Plan au sol

 

Le plan de la collégiale nous est connu par des relevés effectués au début du XVIIIe siècle. Ils documentent donc essentiellement l'état de l'édifice durant ses dernières décennies. Heureusement, il est possible d'avoir une idée générale de l'évolution de l'église.

 

La collégiale fondée par le duc Raoul fut érigée contre la petite chapelle Sainte-Catherine  que Ferry III avait construit dans son nouveau château (Henri Lepage, 1849, p. 159). La duchesse Catherine de Limbourg n'était peut-être pas étrangère au choix de la sainte patronne. La seule source disponible, l'Histoire du chapitre de Saint-Georges et de ses prévôts (anonyme), la dépeint comme un petit édifice gothique qui, plus tard, survécut en étant accolée à la collégiale. On peut supposer que cette chapelle originelle est celle qui apparaît sur les plans entre la nef et le transept nord.

 

Le nouvel édifice était autrement plus imposant que l'humble chapelle castrale. Suivant la tradition catholique, la collégiale Saint-Georges était tournée vers l'Orient et son entrée principale, à l'ouest, s'ouvrait donc sur la Grande-Rue. Elle était composée originellement d'une nef (avec un vaisseau central et deux collatéraux), d'un transept et d'une abside (Henri Lepage, 1849, p. 206). La nef était d'une longueur de 23 m pour 14,80 m de large (8,20 m pour le vaisseau central). Elle se composait de quatre travées et demi, la demi-travée servant d'avant-nef. Le transept, quant à lui,  mesurait 6,50 m de large sur 27 m de long. Ces cinq travées étaient de largeur inégale : la travée centrale faisant la largeur du vaisseau, les deux voisines celle des collatéraux (3.30 m) et les dernières 6,10 m. L'abside pentagonale, enfin, s'ouvrait sur la croisée du transept et avait une profondeur de 6.50 m.

Peu à peu, de nouveaux édifices vinrent s'ajouter à l’église originelle comme la chapelle Charles II. Cependant, ce sont les transformations opérées sous René II qui furent les plus déterminantes. L'aile que ce prince fit construire au sud de la cour d'honneur jouxtait directement le transept et empêchait désormais toute extension de la collégiale vers le nord. Une partie de la nouvelle aile fut cependant utilisée comme dépendance de celle-ci. Sous le duc Antoine, un nouvel édifice, destiné à abriter la Chambre des Assises, fut construit entre l'aile René II et la collégiale, sur la Grande-Rue.

 

La dernière grande évolution concernant le plan de la collégiale eut lieu en 1717 lorsque Léopold fit détruire la partie orientale de l'église pour laisser la place au Louvre de Boffrand. Seule la nef et ses collatéraux furent conservés somme le montre un plan que Prosper Morey a recopié en y ajoutant les tracés du palais de Léopold et de celui construit par Emmanuel Héré pour Stanislas. Le mur construit à cette occasion fut percé d'une baie centrale pour la lumière. La collégiale n'était plus désormais qu'un édifice de petite taille attendant d'être définitivement détruit, ce qui arriva en 1743. 

 

Les chapelles

 

Évoquer les chapelles de la collégiale Saint-Georges n'est pas aisé. Outre qu'elles furent très nombreuses, il ne s'agit souvent que d'une fondation pieuse rattachée à un autel existant. De plus, outre qu'une même chapelle pouvait porter plusieurs appellations, un même saint pouvait être honorer de plusieurs fondations. Heureusement, plusieurs d'entre elles sont bien documentées ou, du moins, se détachent grâce à une particularité. Nous allons donc les considérer tour à tour.

 

- La chapelle Sainte-Catherine

 

Comme nous l'avons dit, il existait antérieurement à la collégiale une petite chapelle castrale fondée par le duc Ferry III. Ayant été conservée comme annexe de la nouvelle église, elle ne fut pas complètement délaissée. Ainsi, en 1342, le duc Raoul y institua à chaque Sainte-Catherine des messes en l'honneur de la Vierge (Henri Lepage, 1849, p. 163).

 

Nous ignorons tout de l'apparence de cette chapelle du XIIIe siècle. S'il s'agit, comme nous le supposons, du petit édifice rectangulaire que les plans du XVIIIe siècle montrent enserré entre la collégiale et l'Aile René II, cela signifie qu'elle était orientée au nord. Une baie lui donnait le jour côté ouest. Une autre existait sans doute sur le mur oriental en face mais, avec la construction de la collégiale, ce mur fut en grande partie ouvert pour donner accès au transept nord. 

 

- Les chapelles Notre-Dame et Saint-Charles de Blois

 

Jean Ier, qui acheva la construction de la collégiale, y fonda en 1375 deux chapelles. La première était placée sous la protection  « de Dieu, de la Vierge Marie, de tous les saints et saintes et de toute la cour de Paradis » (Henri Lepage, 1849, p. 239). Cette première chapelle de la Vierge était située entre le grand autel et le chœur, dans la partie gauche de l'église. On peut donc supposer qu'elle se trouvait entre la chapelle Saint-Sébastien (dans le transept nord) et la croisée. Jean Ier fonda plusieurs messes dans cette chapelle, notamment une appelée "Messe du Duc" chantée entre matines et prime. C'est aussi là qu'il fut inhumé et qu'il reposa jusqu'au règne de René II. La chapelle Notre-Dame et son autel subsistèrent jusqu'en 1717 date à laquelle ils furent détruits. 

 

La seconde chapelle fondée par Jean Ier était dédiée à Saint Charles de Blois (Henri Lepage, 1849, p. 216, 220, 244 et 246). Si on accepte le postulat selon lequel elle était placée symétriquement par rapport à celle de Notre-Dame, elle se trouverait près du chœur, dans le transept sud. Cette supposition est appuyée par le texte qui mentionne la fondation des chapelles Notre-Dame et Saint-Charles par Jean Ier. Il est en effet dit qu'il les établies "sur la croix de l'église" (Henri Lepage, 1849, n. 100). La démarche est intéressante car le saint invoqué était l'oncle même du duc. Charles de Blois est connu pour avoir été l'un des deux prétendant au trône lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364). Il périt à Auray le 29 septembre 1364 au cours d'une bataille à laquelle participèrent également Jean Ier de Lorraine et Bertrand Du Guesclin. Mettant en avant sa grande piété, ses partisans essayèrent d'obtenir sa canonisation mais ce fut un échec, son procès tombant dans l'oubli. Pour autant, le duc de Lorraine ne semble pas avoir attendu pour faire de ce tragique héros familial un saint dynastique. La création de cette chapelle s'inscrit dans ce contexte à la fois politique et religieux. Saint-Charles de Blois n'était peut-être pas le seul à être vénéré dans cette chapelle. Nous savons en effet que l'autel, parfois appelé "autel du Roy de Sicile" en référence à René Ier ou René II, était placé sous l'invocation de Saint-Urbain. Vautrin de Bouxières y fonda également une chapelle Sainte-Catherine en 1413.

 

- La chapelle Charles II

 

Au début de l'année 1421, le duc Charles II fit édifier une "neufve chapelle" dans la collégiale Saint-Georges, dans l'angle formée par l'abside et le transept nord (Henri Lepage, 1849, p. 240). Elle fut placée par son fondateur sous l'invocation  de Saint Maurice et de la Vierge entraînant des confusions avec la chapelle Notre-Dame fondée non loin par son père Jean Ier. D'ailleurs, Charles II transféra à ce nouvel autel les offices de la première messe qui, jusqu'alors, se disaient dans l'autre. C'est pour cette raison que l'on parle souvent d'autel et de chapelle de Prime. Cependant, le procès verbal établis par le chapitre en 1717 sépare bien l'autel de Prime de celui de Notre-Dame.

 

Précisons tout de suite que le nom employé ici pour la chapelle nous est propre. Les sources la désigne sous les formes suivantes :

  • chapelle Notre-Dame ou de la Vierge (parfois avec des confusions avec la chapelle fondée par Jean Ier et la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle)
  • chapelle de Prime (désignée ainsi en raison des offices de prime qui y étaient célébrés)
  • chapelle des chantres ou des orgues
  • chapelle ducale ou du Roi
  • oratoire ducal

Le problème est que ces appellations se réfèrent tantôt à la chapelle basse, tantôt à l'oratoire de l'étage. Sauf erreur, il ne semble pas y avoir eu un terme global. Puisque c'est dans cet édifice que les membres de la famille ducale étaient baptisés et assistaient aux offices, la désignation la plus pertinente serait sans doute celle de "chapelle ducale". Cependant, on appelle déjà ainsi la chapelle funéraire édifiée par Henri II dans le couvent des Cordeliers. Pour éviter toute confusion, nous avons donc préféré le terme de "chapelle Charles II".  

 

Les historiens lorrains, tels que Dom Calmet ou l'abbé Lionnois, et le procès-verbal de 1717 ont parlé en termes élogieux de la décoration de cette chapelle jugée « magnifique pour le temps de sa fondation ». Il nous est difficile de nous faire un avis car nous ne disposons d'aucune représentation de l'intérieur de l'édifice. De plus, les seuls plans disponibles sont, comme nous l'avons dit, du XVIIIe siècle soit après de grands travaux opérés par Henri II. Nous savons cependant qu'elle était ornée de colonnes de marbre noir qui, en 1612, furent réemployées pour la construction du nouveau maître-autel. On y trouvait aussi un monument (fresque, vitrail ou tapisserie ?) montrant Charles II présenté à la Vierge par Saint Charles de Blois. Mais la caractéristique principale de cette chapelle était ses activités musicales. Il est vrai que dès 1341, sous le duc Raoul, une première "chanterie" avait été créée et qu'en 1413, elle comptait quatre sous-diacres chantres et quatre enfants de chœur. Charles II semble lui avoir donné une nouvelle impulsion (Pacal Desaux, 1988, p. 152). Prince cultivé épris de musique, il fonda le 19 mai 1421 une chapelle musicale qui compta six enfants de chœur placés sous l'autorité d'un maître de chapelle. Il y adjoignit peu après des chantres adultes. Cet ensemble musical, qui perdura au fil des siècles, marqua les esprits et on ne tarda pas à appeler "chapelle des chantres" la fondation de Charles II. Pour l'accompagner, le duc fit l'acquisition des premières orgues de la collégiale. L'enrichissement de la nouvelle chapelle était du à la prodigalité de l'entourage ducal. Ainsi, une lettre du duc datée de 1424 fit don au chapitre d'une maison située près de la Porte Sacrée pour subvenir aux besoins de sa fondation. De même en 1425, la maîtresse du duc, Alison du May, donna au profit de la chapelle de Prime une maison rue de la Boudière. 

 

À sa mort, Charles II fut inhumé dans sa chapelle. Il y fut plus tard rejoint par son épouse puis par Marie de Bourbon et Nicolas d'Anjou. La dimension funéraire du lieu primait désormais. Outre les différentes inhumations que nous venons de voir, nous ne connaissons guère d'aménagement qui auraient eu lieu dans la chapelle Charles II entre la mort de celui-ci et l'avènement de René II. Celui-ci l'embellit, notamment en reconstruisant l'autel de Prime, et lui ajouta un étage destiné à abriter l'oratoire ducal. celui-ci était en communication avec la Salle Saint-Georges construite à la même époque dans la nouvelle aile René II (Henri Lepage, 1849, p. 176-177). L'oratoire, ouvert sur l'abside et le transept par des baies très travaillées, est visible sur la planche VI de la Pompe funèbre de Charles III. On peut y voir la famille ducale assistant à l'office depuis cette chapelle haute. Nous ignorons son aménagement exact. Il semble qu'une balustrade la divisait en deux parties et qu'elle renfermait un autel (Henri Lepage, 1849, p. 209). Selon l'inventaire de 1553, on y trouvait un écran et un court banc de sapin. 

L'oratoire ducal vu depuis la collégiale (Friedrich Brentel 1611 ; détail)
L'oratoire ducal vu depuis la collégiale (Friedrich Brentel 1611 ; détail)

La chapelle Charles II continua d'être transformée au cours des décennies. Le duc Antoine semble y avoir fait des agrandissements mais nous ignorons de quelle manière (Henri Lepage, 1849, p. 240). En revanche, nous savons que Charles III y plaça de nouveaux fonts baptismaux en marbre rouge. La vieille chapelle de Charles II connut de plus lourds aménagements au début du XVIIe siècle. Déjà en 1603, les petites orgues avaient été transférées dans la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle. Huit ans plus tard, les deux colonnes de marbre noir qu'elle abritait lui furent également retirées, cette fois pour orner le nouveau maître-autel de la collégiale (Henri Lepage, 1849, p. 240). Ce choix indique peut-être que le duc envisageait déjà de remanier l'ensemble de la chapelle. Les travaux eurent lieu en 1616 et ils furent confiés au chantre Melchior de la Vallée qui jouissait alors d'un grand crédit auprès du souverain. Malheureusement, nous ignorons en quoi consistèrent exactement les travaux en question. Ce qui est sûr, c'est que la chapelle connue par les plans du XVIIIe siècle la montre dans son état définitif tel que voulu par Henri II et non dans celui de l'époque de Charles II ou René II.  Finalement, la chapelle fut détruite en 1717 et seule la cuve baptismale en a peut-être réchappé

 

- La chapelle Saint-Sébastien

 

Le transept nord de la collégiale était occupé par la chapelle Saint-Sébastien, patron des arbalétriers de la ville. Cette partie de l'église connut de grandes transformations au cours de son histoire. En effet, on peut supposer qu'à sa fondation sous Jean Ier, le transept était ouvert par de grandes baies gothiques semblables à celles du transept sud. Cependant, celles-ci furent murées au début du XVIe siècle lorsque René II construisit la nouvelle aile du palais. Le mur nord du transept était désormais aveugle et c'est là que le vainqueur de 1477 fit réaliser le tombeau du Téméraire. Il fit également installer une tribune pour les grandes orgues qu'il fit placer à hauteur du 1er étage du palais. Une autre décision de René II contribua à changer l'apparence de cette chapelle. Si on suppose que sa disposition d'origine était comparable à celle située dans le transept sud, il y avait alors une baie placée juste au dessus de l'autel de Saint-Sébastien. Cependant, lorsque René II fit surélever la chapelle Charles II, cette ouverture fut comblée.

  

Selon l'abbé Lionnois, la chapelle Saint-Sébastien prit à une date inconnue le nom de chapelle Saint-Michel, assertion qu'Henri Lepage réfute (Henri Lepage, 1849, n. 66). Cependant, il a peut-être été trop sceptique. En effet, s'il est certain que cette chapelle continua d'être dédiée à Saint Sébastien jusqu'en 1717, il y a assez de chapelles honorant plusieurs saints patrons dans la collégiale pour refuser que Saint Michel y ait été également vénéré. Si on accepte donc le témoignage de l'abbé Lionnois, on peut placer la chapelle Saint-Michel dans le transept nord. Si Saint Sébastien était le patron des arbalétriers, l'archange était celui de la confrérie des marchands (Henri Lepage, 1849, p. 252). Cette chapelle aurait également abrité les sépultures des princes Raoul et Louis, fils de Charles II morts prématurément.

 

- La chapelle du Crucifix

 

Si la chapelle Saint-Sébastien est bien localisée, il n'en est pas de même pour celle du Crucifix. Tout juste savons-nous qu'elle se trouvait dans la partie de la collégiale détruite sous Léopold. L'autel du Crucifix fut fondé par Pierre de Lenoncourt et son épouse Lise des Armoises. Par la suite, en 1407, Thierry de Lenoncourt fut inhumé près de son marche-pied. L'autel du Crucifix fut détruit en 1717 et la chapelle transférée dans la partie occidentale de l'église. Finalement, Stanislas unit les revenus de cette chapelle en même temps que ceux du chapitre de Saint-Georges à la Primatiale en  1742 (Henri Lepage, 1849, p. 170 et 187). Les archives mentionnent, parmi les pièces orfèvrerie détruites en 1753, un devant d'autel aux armes des Lenoncourt. Il est possible qu'il s'agisse de celui de cet autel (ADMM G. 309). Il est également possible que le retable de la Déploration en albâtre conservé au Musée lorrain (Inv. 61.9.13) provienne de l'autel du Crucifix. 

 

- La chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle

 

 Bien qu'il exista déjà une chapelle Notre-Dame depuis le règne de Jean Ier, une seconde dédiée à Marie fut fondée en 1457 par Jacques de Bouxières, secrétaire du duc Jean II, sous le vocable de chapelle de la Sainte Vierge (Henri Lepage, 1849, p. 244). Une bulle pontificale prévoyait des jours d'indulgence pour les pèlerins ce qui témoigne d'une certaine renommée. Les dates concordant, il n'est pas impossible que ce soit pour cette chapelle qu'ait été réalisée la statue de la Vierge allaitante. Comme nous le verrons, celle-ci fut considérée comme miraculeuse à partir du règne d'Antoine. Devant l'importance que prit son culte, sa chapelle prit le nom de Notre-Dame de Bonne Nouvelle. Elle se trouvait à gauche près de l'entrée du bâtiment. Dès le règne d'Antoine, des travaux furent effectués pour la séparer du reste de l'église par le moyen d'une cloison en bois qui pouvait si besoin être démontée (Henri Lepage, 1849, n. 44 et 105 et p. 58 et 241). Cette cloison étant peinte en blanc des deux côtés et elle était ornée d'un treillage en fer, travaillé et peint en rouge, oeuvre d'un serrurier nommé Mengin Gradelet. 

 

A l'intérieur de cette chapelle se trouvait l'autel et la statue de la Vierge, protégée par une balustre et entourée de cinq chandeliers fixés dans le mur. Les contemporains ont été frappés par la profusion des dons qui entouraient la statue miraculeuse (Henri Lepage, 1849, p. 240-242). Celle-ci était perpétuellement couronnée de fleurs et revêtue de riches étoffes. Des lampes d'argent, dont au moins une aux armes ducales offerte par Henri II, brûlaient jour et nuit pour l'éclairer.

Armes pleines de Lorraine sous Henri II (cliché wikipedia)
Armes pleines de Lorraine sous Henri II (cliché wikipedia)

Sur l'autel fut également placé un crucifix, entouré de la Vierge et de Saint Jean, posé sur un pied d'ébène. Cette représentation de la Crucifixion avait été offerte en 1615 par une certaine Madame Esther. Il y avait également un petit reliquaire en argent représentant d'un côté la Vierge et de l'autres plusieurs reliques de saints. En 1603, on déplaça les petites orgues de la chapelle Charles II, où elles étaient à l'étroit, pour les placer dans la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle. Un buffet en chêne fut alors réalisé. 

 

Plusieurs tableaux et ornements décoraient la chapelle. Un mémoire de 1615-1616 permet ainsi d'avoir connaissance des œuvres suivantes :

  • deux petits tableaux enchâssés en bois représentant l'un la Sainte-Face et l'autre Notre-Dame. 
  • une autre paire de tableaux, offerte par Monsieur de Port sur Saille représentant les mêmes sujets.
  • un petit Christ de pitié en verre entouré de quatre verres très brillants offert par Claudon Quetton
  • un portrait de Saint Charles Borromée
  • une image de Sainte Claire
  • une Nativité

 

La chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle profita grandement de la dévotion du duc Henri II et de sa femme qui souhaitèrent, après leur mort, y être inhumés. Ce couple princier fut le dernier à être enterré dans la collégiale Saint-Georges. Placée dans la partie occidentale de l'église, la chapelle de la Vierge fut épargnée par les destructions du règne de Léopold. On y déposa les ossements des souverains qui étaient enterrés dans les parties désormais détruites de l'édifice. La chapelle ne fut abandonnée qu'en 1742 lors de l'union des chapitres de Saint-Georges et de la primatiale. La statue miraculeuse fut alors déplacée dans l'église primatiale où elle se trouve encore aujourd'hui. 

 

- Autres chapelles

 

De nombreuses autres chapelles emplissaient l'église et témoignent à la fois de la dévotion de la cour ducale et du prestige de la collégiale Saint-Georges :

  • la chapelle Sainte Madeleine. Elle fut fondée en 1360 par le chanoine Gérard Douville (Henri Lepage, 1849, p. 239).
  • la chapelle Sainte-Elisabeth. Elle fut fondée vers 1360 par le bailli Simonin (Henri Lepage, 1849, p. 239).
  • la chapelle des Trois Rois. Également appelée chapelle Jean de Preny ou du Sacrifice d'Abraham, elle fut fondée en 1364 par les sires de Genicourt et de Doncourt.  En 1594, Alix l'Escamoussière, épouse du sire Jean Vincent de Genicourt, y fonda une messe hebdomadaire. La chapelle fut détruite en 1717 et son autel déplacé dans la partie occidentale de l'église, non loin de la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle (Henri Lepage, 1849, p. 186-187 et 239).
  • la chapelle Saint-Pierre. Fondée en 1377 par le prévôt Jean Vahey sous une tour de la collégiale. Cette fondation avait pour but d'abriter sa sépulture ainsi que celle du chanoine Jean de Lunéville et celles de leurs amis. (Henri Lepage, 1849, p. 244). 
  • la chapelle Saint-Blaise. Fondée en 1387 par le chanoine Jean de Pulligny, elle était rattachée à un autel se trouvant près de celui où on disait les offices de prime avant la destruction de la collégiale. Bien que nous ignorons où se célébraient ces messes depuis la destruction de la chapelle de Prime en 1717, du moins est-on sûr que l'autel en question était dans la partie occidentale de l'église. D'ailleurs, en 1725, les revenus de cette chapelle, qui existait donc encore, furent transférés au chapitre par décision épiscopale (Henri Lepage, 1849, p. 244 et 246).
  • la chapelle Saint-Georges. Elle fut fondée en 1399 par Jean de Bouxières et Isabelle de Valcourt (Henri Lepage, 1849, p. 244).
  • la chapelle Saint-Etienne.  Si nous ignorons la date de sa création, nous savons du moins qu'au XIVe siècle, Viry de Vézelise y fonda la chapelle Notre-Dame de Pitié (ou La Piteuse). Une chapelle Saint-Etienne de l’Étanche est également connue avant 1438. Il est possible qu'il s'agisse de la même. Quoi qu'il en soit, les revenus de cette chapelle furent réunis au chapitre en 1725 ce qui montre qu'elle était située dans la partie occidentale de l'église (Henri Lepage, 1849, p. 244 et 246).
  • la chapelle du cloître.  Elle fut fondée au début du XVe siècle par l'échevin Faulquegnon qui y fut inhumé avec son épouse (Henri Lepage, 1849, p. 244). On peut supposer qu'elle se trouvait dans la partie sud de l'église, du côté du cloître canonial.
  • la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Elle fut fondée en 1431 par Jean Poiresson de Nancy (Henri Lepage, 1849, p. 244).
  • les chapelles Notre-Dame et Saint-Paul. Ces deux chapelles, fondées originellement à l’hôpital Saint-Julien, furent transférées, à une date inconnue, dans la collégiale (Henri Lepage, 1849, p. 245-246).
  • la chapelle Notre-Dame de Liesse, Saint-Claude et  Sainte-Constance. Elle fut fondée au XVe siècle par Poiresson de Thelo (Henri Lepage, 1849, p. 244). Il est possible que cet autel soit celui auquel fut transféré la chapelle Saint-Paul provenant de l'hôpital Saint-Julien. Si tel est le cas, cela signifierait que cette fondation de Poiresson de Thelo était situé à côté de l'autel du Crucifix (Henri Lepage, 1849, p. 246). 
  • la chapelle de la Trinité. Située dans la partie sud, son autel fut fondée et bâti au début du XVIe siècle par Jean de Bron, seigneur de Pierrefort et maître d'hôtel de René II, son épouse Marguerite de Lenoncourt et leur fils Claude. Son appellation exacte était alors "chapelle de la Sainte Trinité, la Sainte Vierge,  Saint-Jean-Baptiste et Sainte Marguerite". Elle fut détruite en 1717 (Henri Lepage, 1849, p. 187 et 245).
  • la chapelle Saint-Louis et Sainte-Elisabeth. Elle fut fondée à l'autel de Sainte-Anne, dont nous ignorons la localisation, en 1555 par la veuve Isabillon Guerin, dont l'époux avait été conseiller du duc, et ses enfants (Henri Lepage, 1849, p. 245).
  • la chapelle des Telliers. Rattachée à l'autel du Crucifix ou à celui de la Trinité, cette chapelle, dédiée à la Vierge et à Saint-Jean, fut fondée en 1626 par l'ancien prévôt de Nancy, Jean Le Tellier. Celui-ci avait acheté quelques années plus tôt le droit d'être inhumé dans la collégiale. Il est probable que sa fondation était liée à ce projet funéraire. Elle fut détruite en 1717 (Henri Lepage, 1849, p. 187 et 196). 
  • la chapelle Saint-Martin. Nous savons qu'en 1669, son autel se trouvait non loin du grand bénitier de l'église (Henri Lepage, 1849, p. 245). On peut donc supposer qu'elle se trouvait près de l'entrée de l'église.
  • la chapelle Sainte-Catherine et Saint-Nicolas (Henri Lepage, 1849, p. 245). 

Elévation

Seule l'élévation du portail nous est connue, grâce au plan de Claude de la Ruelle et à la gravure de Claude Deruet représentant le Palais ducal (Henri Lepage, 1849, p. 211-212). La porte de l'église se terminait par trois lobes. Au-dessus, le tympan était orné d'une rose quadrilobée inscrite dans un fronton triangulaire décoré de feuilles de choux. Deux clochetons portant le même motif végétal encadraient la porte jusqu'à la hauteur d'une verrière richement ornementée, que nous décrirons en détail plus tard. Une autre ouverture, en haut de la façade, permettait sans doute d'éclairer les combles. Enfin, de part et d'autre de l'ouverture centrale se trouvaient deux fenêtres (une rectangulaire et l'autre de plein cintre). La façade était somme toute assez sobre et, outre l’ornementation de la porte et de la verrière, la monotonie des murs n'était guère rompue que par une corniche en pierre placée à la hauteur du milieu de la verrière centrale. Les deux tours, dont l'une était appelée tour du chapitre, en portaient également. Elles étaient aussi pourvues, au moins sur la face ouest, de larges fenêtres. L'iconographie dont nous disposons montrent les tours surmontées de charpentes pyramidales peu élevées. 

 

Reste à évoquer un élément de l'élévation qui compensait l'aspect trapu de l'ensemble de l'édifice. A la croisée du transept se trouvait une flèche hexagonale (dont la base comportait des ouvertures) d'une grande hauteur surmontée d'une croix en fer. 

Parties hautes

Combles et couverture

 

Il faut dire quelques mots des combles de la collégiale. On y parvenait par un escalier situé au nord du transept, dans l'aile René II. À partir de là, il était sans doute possible d'accéder à la flèche de la croisée. Les combles de la nef étaient, comme nous l'avons dit, éclairés par une ouverture sur la façade ouest. Mentionnons également le fait que des trappes étaient aménagées dans les voûtes. En effet, une tradition voulait que, lors de la fête de l'Ascension, des anges parés de fleurs soient hissés à none - soit 15h (Henri Lepage, 1849, p. 237).

 

La couverture originelle de la collégiale était en ardoise. Elle fut entièrement refaite en 1610-1611. Malheureusement, la toiture fut consumée lors de l'incendie de 1627. Dès lors, la collégiale ne fut plus couverte que de planches de sapin qu'il était nécessaire de remplacer tous les trois ans, occasionnant d'importantes dépenses au chapitre (Henri Lepage, 1849, p. 180-181). En 1666, les chanoines incapables de payer adressèrent une supplique au duc qui leur délivra le bois nécessaire. Les deux tours avaient également souffert : en 1688, leur toiture fut refaite à neuf (Henri Lepage, 1849, p. 182).

 

Cloches

 

Les premières cloches de la collégiale furent fondues sous Jean Ier qui construisit les tours de l'église (Henri Lepage, 1849, p. 174). En 1568, la petite cloche, dite "de Prime", fut refondue (Henri Lepage, 1849, p. 179). Bénie par Richard Bouchon, trésorier de Saint-Georges, elle eût pour parrain l'écolâtre Gérard Briseur et pour marraine l'épouse de Maître Pierre le doreur. La cloche portait l'inscription : « Prime suys appelée, pour Dieu servir la matinée ». En 1627, le grand incendie du palais fit fondre les cloches des tours de Saint-Georges. Quatre nouvelles furent alors réalisées auxquelles ont donna les noms de femmes de la famille ducale : "Mme Marguerite de Gonzague", "Mme Nicole, duchesse de Lorraine", "Mme Christine de Salm" et "Henriette de Lorraine, princesse de Phalsbourg" (Henri Lepage, 1849, n. 20). En 1742, une cloche qui était fendue fut fondue par le sieur Querat. Finalement, lors de l'union des chapitres de Saint-Georges et de la primatiale, les quatre cloches de la collégiale et les trois provenant de Notre-Dame de l'Annonciation furent fondues ensemble par le sieur Querat afin d'en faire quatre nouvelles (Lionnois III). Une de ces quatre cloches, dont Stanislas fut le parrain, existe toujours.

 

 

Il est possible qu'une cloche de la collégiale Saint-Georges existe encore. En effet, il existe dans le clocher de l'église Saint-Nicolas d'Igney (Vosges), une ancienne cloche. Elle porte l'inscription « L'an mil CCCCCXL, O Sancta Maria, ora pro nobis Deum » soit « L'an 1540. O Sainte Marie, priez Dieu pour nous ». Elle porte, sur un côté de sa panse, une scène de Calvaire en relief et, sur l'autre, un écusson montrant un saint terrassant un dragon. Il fut interprété au début du XXe siècle comme une représentation de Saint-Georges et on releva la similitude entre ce motif sur la cloche et le sceau du chapitre de la collégiale (Emile Badel & Albert Sonrier, 1906, p. 183-184). De plus, ils avaient remarqué qu'une inscription sur la charpente du marnage indiquait 1716 soit un an avant les grands travaux de Léopold qui amputèrent la collégiale d'une grande partie de sa superficie. Dès lors, pourquoi ne pas suggérer que cette cloche ait été originellement fondue pour la collégiale de Saint-Georges avant d'être cédée ou vendue par le chapitre à la paroisse d'Igney au début du XVIIIe siècle ? Cette hypothèse, quoique séduisante, est mise en doute par l'interprétation moderne selon laquelle le saint serait Saint-Michel. Un examen approfondi permettrait peut-être de trancher cette question.

Les dépendances

La collégiale ne se résumait pas à son église. L'existence même du chapitre canonial nécessitait des logements et des dépendances appropriées.

 

Le cloître

 

Élément central autour duquel les autres bâtiments s'articulaient, il abritait également des sépultures, comme celle de Pierre Carier, artisan doreur et fourbisseur mort en 1575 (Henri Lepage, 1849, p. 196). Sa construction semble avoir été projetée dès 1342, date à laquelle le duc Raoul institua des processions qui devaient y avoir lieu tous les mercredis (Henri Lepage, 1849, p. 163). C'est cependant son fils Jean qui le construisit. En 1439, des travaux eurent lieu dans le cloître dont les voûtes furent au moins partiellement refaites (Henri Lepage, 1849, n. 27). Avec l'appauvrissement du chapitre, l'entretien fut parfois délaissé et le cloître commença à tomber en ruine. Il fut finalement détruit en 1743. Une rue proche de la cathédrale a été nommé "Rue du cloître" en son souvenir.

 

Les maisons canoniales

 

Autour du cloître se trouvaient les logements destinées tant au sonneur qu'aux différents membres du chapitre. Le but de Jean Ier aurait été que les chanoines, séparés du reste de la population, se consacrent aux œuvres religieuses (Henri Lepage, 1849, n. 24). Tout était donc prévu pour leur entretien : outre les habitations, il y avait une salle du chapitre pour les réunions, des jardins et un grenier (Henri Lepage, 1849, p. 189). À partir de 1552, une partie des maisons canoniales tomba en ruine suite aux difficultés financières rencontrées par le chapitre. La situation s'aggravant, les chanoines en vinrent à en louer certaines à des laïcs pour se procurer des revenus qui leur manquaient cruellement. En 1675, il fut donc décidé de murer les portes de ces maisons donnant sur le cloître (Henri Lepage, 1849, p. 182). 

  

La bibliothèque

 

Construite en 1439, la bibliothèque canoniale fut enrichie par des particuliers, comme Maître Dominique François, qui lui firent don de livres (Henri Lepage, 1849, n. 27). Cette bibliothèque abrita également les archives ducales jusqu'à leur transfert dans le palais. En 1468, le sire de Fénétrange, maréchal de Lorraine, déposa à Saint-Georges les archives de Liverdun dont venaient de s'emparer les troupes ducales (Henri Lepage, 1849, p. 175-176). La bibliothèque du chapitre fut refaite en 1533 (Henri Lepage, 1849, p. 177). Nous ignorons son destin ultérieur.

 

Les sacristies

 

Il faut pour finir évoquer les sacristies successives de Saint-Georges. Une première se trouvait à l'emplacement où l'on érigea, sous René II, une chapelle. Il doit s'agir du bâtiment octogonal visible sur les plans au sud de l'abside. Une seconde sacristie fut aménagée mais elle brûla, en 1627, lors du grand incendie qui détruisit le sud du complexe palatial. Elle fut reconstruite par le chanoine Briqué sur ses propres deniers, en 1646, pour une somme de 2 000 francs. Les travaux furent réalisés par un certain Remy Bernard (Henri Lepage, 1849, p. 181). En 1704, elle fut ornée d'un grand crucifix peint réalisé par le sculpteur Remi-François Chassel ; celui-ci était placé sur un piédestal décoré d'une tête de mort (Henri Lepage, 1849, n. 44). Les derniers travaux d'envergure réalisés dans la collégiale eurent lieu en 1710 pour embellir la sacristie. Ces nouveaux travaux coûtèrent près de 1 000 francs (Henri Lepage, 1849, p. 182). Pour cette raison, lorsque le chapitre apprit que la sacristie était comprise dans l'espace que le duc Léopold désirait raser pour réaliser le Louvre de Boffrand, il essaya de l'en détourner. Les sommes importantes récemment investies et le fait qu'elle était jugée la plus belle de la ville, furent des arguments développés (en vain) pour fléchir le souverain (Henri Lepage, 1849, n. 45). Lors de sa destruction, les papiers, reliques, meubles et ornements qu'elle contenait furent transportés dans une maison bourgeoise (Henri Lepage, 1849, p. 189). Une grande armoire fut même démontée et réinstallée dans la sacristie de la primatiale au frais du chapitre dissout. Nous ignorons ce qu'elle est devenue.


Décoration

La décoration intérieure de la collégiale est mal connue car la seule vue que nous en possédions est la planche VI de la Pompe funèbre de Charles III, dans laquelle les draperies noires de deuil masquent de nombreux éléments. Quelques observations peuvent cependant être faites. Ainsi, aucune fresque n'est visible sur les voûtes contrairement à ce que nous pouvons voir sur la planche montrant l'église des Cordeliers. Les vitraux sont quant à eux en verre blanc. L'impression générale est donc celle d'un édifice assez austère qu'une discrète sculpture monumentale tempère à peine. Nous allons voir que ce constat doit être relativisé.

Office en la collégiale Saint-Georges lors des funérailles de Charles III (Friedrich Brentel, 1611, " Table VI : Pourtraict de l'assiette faite en l'insigne église de St Georges " in Pompe funèbre de Charles III ; Bibliothèque de l'INHA)
Office en la collégiale Saint-Georges lors des funérailles de Charles III (Friedrich Brentel, 1611, " Table VI : Pourtraict de l'assiette faite en l'insigne église de St Georges " in Pompe funèbre de Charles III ; Bibliothèque de l'INHA)

La sculpture ornementale

Les chapiteaux renaissance

 

La planche de Brentel montre l'existence dans la collégiale de chapiteaux corinthiens placés à la naissance des croisées ogivales. Comme l'a souligné Henri Lepage, il s'agit là d'une modification de l'édifice gothique originel. Il suppose fort justement que les chapiteaux du XIVe siècle furent remplacés au XVIe siècle pour leur donner une apparence renaissance (Henri Lepage, 1849, p. 206-207). 

Les clefs de voûte

 

Il faut également s'arrêter sur les clefs de voûte. Une seule, celle de l'abside, est visible sur la planche. Bien qu'elle soit peu lisible, il apparaît qu'elle était sculptée. Il est possible de faire le parallèle avec celles trouvées durant les fouilles archéologiques. La clef de voûte trouvée en 1889 était ornée d'une rosace (JSAL 1889, p. 275-276) tandis que celle découverte plus récemment par René Elter porte un blason muet, autrefois peint (Inv. 05.10.06.312). Des traces de peintures blanche sont d'ailleurs encore visibles. Bien que nous ignorions les armes qui étaient représentées sur cette clef, elle n'était peut-être pas la seule à avoir un décor héraldique. Nous savons en effet que les armes des Lenoncourt ornaient la voûte de la nef de la collégiale (Henri Lepage, 1849, n. 2). Il n'est donc pas exclu que d'autres grandes familles, et en particulier la Maison ducale, aient apposées leur blason sur les clefs de l'église.

Le relief de René II

 

Il faut également mentionner un bas-relief en bronze que René II fit réaliser pour commémorer sa victoire sur Charles le Téméraire (Henri Lepage, 1849, n. 73 ; Gaston Save, 1897, p.271-272). Situé  au pilier droit à l'entrée de l'abside, on y voyait le duc à genoux, tourné vers le maître-autel.

 

Selon Lionnois, le monument portait le distyque latin suivant :

 

(au-dessus)

RENATI

 

(en-dessous)

Ereptam patriam Dux ensifer ense recepit,

Qui divina fovens juris amator erat

VIATOR

 

« Le Duc porte-épée, ami du bon droit a repris par le fer la patrie arrachée avec l'aide de Dieu »

 

Comme l'indique la signature, le texte, sinon la composition même du relief, était due à Pierre Pèlerin dit le Viator, écolâtre de Saint-Georges. Nous aurons l'occasion de reparler de ce personnage en évoquant les vitraux et les stalles de la collégiale.

Statuaire

Outre la sculpture ornementale, il est probable que de nombreuses statues embellissaient jadis la collégiale Saint-Georges. Malheureusement, il n'en reste aujourd'hui que deux : la Vierge allaitante surnommé Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et une statue équestre de Saint Gengoult. En outre, trois autres statues nous sont connues par les archives. 

 

Notre-Dame de Bonne Nouvelle

 

La plus célèbre statue de la collégiale était une Vierge allaitante en pierre du milieu du XVe siècle (Emile Badel, 1924, p. 55-57). Marie était initialement représentée assise, coiffée d'une couronne royale et vêtue de d'amples étoffes laissant son sein droit dénudé. Elle porte le Christ qu'elle allaite et celui-ci tient un globe surmonté d'une croix. Cet état originel de la statue ne nous est plus guère connu que par une gravure de 1745. C'est sous le règne du duc Antoine que la statue de la Vierge de la collégiale acquit sa renommée (Henri Lepage, 1849, p. 241). Selon la légende, le 17 mai 1525, une jeune fille muette était en prière devant la statue de Notre-Dame lorsqu'elle entendit une voix lui enjoignant d'aller trouver la duchesse Renée de Bourbon. Elle devait lui dire que si elle faisait dire des prières publiques, son époux remporterait une grande victoire sur les Rustauds, paysans protestants originaires d'Allemagne et d'Alsace, qui menaçaient la frontière orientale du duché. Pour apporter cette nouvelle, la jeune fille recouvra miraculeusement la voix. Effectivement, Antoine remporta la bataille de Saverne. La Lorraine était désormais sauvée de la menace d'invasion qui pesait sur elle et le duc put se poser en bouclier de la catholicité. C'est à la suite de ce fait que la statue prit le nom de Notre-Dame de Bonne Nouvelle. Sa renommée grandit et sa chapelle devint un lieu de pèlerinage en vogue.

 

"L'Image miraculeuse de N. D. de Bonne-Nouvelle transférée de l'église ducale de S.t George de Nancy, capitale de Lorraine dans l'église primatiale de la même ville le 1.er 9.bre 1745" (Bnf  ; cliché gallica.bnf.fr)
"L'Image miraculeuse de N. D. de Bonne-Nouvelle transférée de l'église ducale de S.t George de Nancy, capitale de Lorraine dans l'église primatiale de la même ville le 1.er 9.bre 1745" (Bnf ; cliché gallica.bnf.fr)

Au XVIIIe siècle, lorsque la collégiale fut détruite, la statue de la Vierge fut conduite dans la primatiale (aujourd'hui cathédrale) de Nancy. Là, dans une chapelle lui étant dédiée, elle fut intégrée dans un grand retable de style rocaille enrichi de dorures. La Révolution ne la laissa pas indemne : brisée, elle fut cachée et ce n'est qu'après le Concordat qu'elle fut restaurée et reprit sa place. À cette occasion, un excès de pudeur entraîna la transformation de cette Vierge allaitante en une "simple" Vierge à l'Enfant : le sein fut couvert d'une draperie et la tête du Christ fut tournée de côté. En comparant avec une gravure du XVIIIe siècle, on constate également que le restaurateur a substitué une couronne ducale à la couronne royale d'origine. En définitive, si la statue de Notre-Dame de Bonne Nouvelle a été conservée, son apparence a bien changé. Peut-être sera-t-il un jour possible de la dérestaurer pour lui rendre son aspect originel...

Statue Notre-Dame de Bonne Nouvelle en la Cathédrale de Nancy (cliché personnel ; 2018)
Statue Notre-Dame de Bonne Nouvelle en la Cathédrale de Nancy (cliché personnel ; 2018)

La statue équestre de Saint Gengoult

 

La deuxième statue conservée représente Saint Gengoult. Celui-ci, noble bourguignon du VIIIe siècle, est le saint patron des maris trompés. La légende veut qu'il ait épousé une femme volage dont l'amant l'aurait tué. Il est souvent représenté en tenue de chasse eut égard à son origine sociale. La statue qui nous intéresse le montre justement à cheval lors d'une chasse. Bien que son bras droit soit brisé, il probable qu'il tenait un faucon. Comme Raphaël Tassin l'a bien montré, la représentation du cheval et de son harnois est fortement liée à l'influence d'artistes italiens qui vinrent en Lorraine durant la seconde moitié du XVe siècle, suite aux expéditions de René Ier dans le sud de la péninsule. Découverte dans une maison de la rue Saint-Dizier, cette sculpture de 85 cm de haut, qui autrefois était peinte, fut d'abord interprétée comme une représentation de René II, avant que des spécialistes ne fasse le lien avec des statues comparables de Saint Gengoult. Nous ignorons quel était son emplacement dans la collégiale Saint-Georges. Il est clair qu'elle était conçu pour être adossée à un mur ou un pilier mais il est impossible de savoir lequel. 

Statue de Saint Gengoult, Musée lorrain Inv. 95.25 (cliché personnel, 2016)
Statue de Saint Gengoult, Musée lorrain Inv. 95.25 (cliché personnel, 2016)

Saint Georges, Saint Maurice et Sainte Euphémie

 

Les archives ducales nous apprennent également que René II fit réaliser par le sculpteur Jean Crocq deux statues en bois représentant Saint Georges et Saint Maurice destinées à la collégiale Saint-Georges. Nous ignorons ce qu'est devenue la statue de Saint Maurice (probablement destinée à la chapelle Charles II). En revanche, nous savons qu'en 1641, une statue de Saint Georges fut vendue pour 1325 francs par le chapitre de plus en plus incapable de subvenir à la charge financière de l'église (Henri Lepage, 1849, p. 168). Peut-être la statue en question est-elle celle de Jean Crocq. Le Musée lorrain conserve une autre statue de Jean Crocq représentant Saint Georges (Inv. 95.217) provenant sans doute de la commanderie Saint-Georges de Lunéville. Egalement en bois, elle fournit un très bon parallèle.

Jean Crocq, Statue de Saint Georges, Musée lorrain Inv. 95.217 (cliché wikipedia)
Jean Crocq, Statue de Saint Georges, Musée lorrain Inv. 95.217 (cliché wikipedia)

Pour finir, nous connaissons aussi l'existence d'une statue de Sainte Euphémie. Sa présence ne doit pas surprendre puisque la collégiale comprenait parmi ses reliques le crâne de la sainte. Tant la statue que son piédestal étaient ornés de dorure (Henri Lepage, 1849, n. 44).

Vitraux

Plusieurs baies apparaissent dans notre documentation : celles de la claire-voie (partie supérieure du vaisseau central), de l'abside et du transept sont visibles sur la planche de Friedrich Brentel tandis que la grande baie du portail et les fenêtres des tours sont représentées par Claude Deruet sur sa vue du Palais ducal. En revanche, nous ignorons tout des verrières des collatéraux.

 

  • les fenêtres de la claire-voie étaient formées de deux lancettes très élancées surmontées d'une rose quadrilobée (Henri Lepage, 1849, p. 207).
  • les fenêtres du transept étaient comparables à celles de la claire-voie mais les différences de largeur modifiaient quelque peu le tracé et nécessitaient parfois l'usage de roses trilobées.
  • les fenêtres de l'abside étaient quant à elles formées de deux lancettes surmontées chacune d'une rose trilobée puis d'une rose quadrilobée centrale (Henri Lepage, 1849, p. 208).
  • la grande verrière du portail  était formée de quatre lancettes de hauteur inégale surmontées de quatre roses et d'autres ornements secondaires (Henri Lepage, 1849, p. 211).
  • les fenêtres des tours étaient relativement larges par rapport à leur hauteur. Elles étaient composées de deux lancettes surmontées par une rose (Henri Lepage, 1849, p. 212).

Les archives permettent d'avoir connaissance de certains des travaux d'entretien qui furent réalisés sur les verrières. Ainsi, il semble qu'elles furent toutes refaites en 1533 et qu'un verrier, nommé Pierre de Francheville, y travailla à nouveau en 1543 (Henri Lepage, 1849, p. 177-178). En 1714, le vitrier Pierre Poirson remis en plomb les verrières du portail, de la chapelle des chantres et des collatéraux (Henri Lepage, 1849, n. 44). 

 

Reste la question de l'existence de vitraux dans la décoration de la collégiale. Aucun texte n'en évoque et la planche VI de la Pompe funèbre de Charles III montre des baies ornées de losanges de verre blanc (Henri Lepage, 1849, p. 210). Cependant, il est certain que des vitraux ont existé, au moins dans certaines chapelles. Ainsi, les travaux de 1895 ont permis la mise au jour de meneaux à chanfrein portant encore les attaches des vitraux. Une série de vitraux réputés venir de la collégiale se trouvaient au XIXe siècle dans l'église de Maxéville (Gaston Save, 1897, p. 280-283). Ces vitraux utilisés en remploi étaient agencés de manière confuse, notamment dans une grande composition du chœur où ils côtoyaient une représentation de Sainte Barbe provenant du couvent d'Orme.  Lorsqu'en 1889, l'église de Maxéville fut détruite pour laisser la place à un édifice plus grand, les vitraux furent offerts au Musée lorrain. 

Disposition des vitraux en l'église de Maxéville.
Disposition des vitraux en l'église de Maxéville.

Les vitraux de l'ancienne église de Maxéville étant les seuls censés provenir de la collégiale Saint-Georges, il faut s'y attarder. Naturellement il n'est pas envisageable de reconstituer un programme iconographique mais leur étude n'en est pas moins intéressante pour mieux connaître le monument qu'ils ornaient.

La charité de Saint Martin

 

Un premier vitrail représente Saint Martin, à cheval, tranchant de son épée son manteau pour en couvrir un miséreux (Inv. 95.771). La scène est placée dans un décor architectural gothique. En bas figure un écu désormais muet, qui contenait jadis les armoiries du donateur. Cette oeuvre, de 90 cm de haut sur 58,5 cm de large, est datée des premières années du XVIe siècle. Il est difficile de se prononcer sur l'emplacement où pouvait se trouver ce vitrail mais rappelons simplement que les archives évoquent une chapelle Saint-Martin.

 

Ce vitrail a été restauré en 2007. A cette occasion, le bouche-trou couvrant la partie supérieure de la tête a été remplacé par une reconstitution du chapeau et de l'auréole.

Vitrail de la charité de Saint Martin, Musée lorrain Inv. 95.771 (cliché algrange.a.travers.le.temps.over-blog.com)
Vitrail de la charité de Saint Martin, Musée lorrain Inv. 95.771 (cliché algrange.a.travers.le.temps.over-blog.com)

Sainte Marie-Madeleine

 

Un autre vitrail très semblable représente Sainte Marie-Madeleine (Inv. 95.770). Datée de la même époque que la Charité de Saint Martin, il fait pour ainsi dire la même taille (89,5 x 58,6 cm). La sainte, identifiable par l'inscription  « Santa Maria Madelena, ora pro no[bis]... » inscrite sur son auréole et par le flacon de parfum qu'elle porte, se tient debout derrière le donateur du vitrail . Il s'agit d'un membre du chapitre représenté à genoux, tenant un livre dans ses mains. Il est vêtu d'une soutane noire, d'un surplis blanc et d'une aumusse en fourrure (Gaston Save, 1897, p. 280-283). Cette fois, le blason est conservé : "d'azur aux deux faucons pèlerins affrontés d'or". Le donateur du vitrail est donc Pierre Pèlerin dit le Viator, intellectuel membre du Gymnase vosgien et auteur d'un traité de perspective intitulé De Artificiali Perspectiva. Il fut écolâtre de Saint-Georges jusqu'en 1490, date à laquelle il devint chanoine de la cathédrale de Toul. C'est probablement peu de temps avant son départ de Nancy qu'il offrit ce vitrail. Il faut avoir à l'esprit que la composition telle qu'elle nous est parvenue est lacunaire. Pierre Pèlerin devait être à genoux devant une représentation du Christ ou de la Vierge.

 

Ce vitrail a été restauré en 2007.

Le miracle de Saint Nicolas

 

Deux vitraux représentent Saint Nicolas, le patron de la Lorraine, avec les trois enfants assassinés qu'il aurait, selon la légende, ressuscités. Le plus ancien (Inv. 95.774-2) date du premier quart du XVIe siècle et il est de forme rectangulaire. Les personnages se détachent sur un fond rouge damassé. Le second est un rondel peint en grisaille et jaune d'argent sans autre couleur pour trancher (Inv. 95.774-2). Notons qu'il existait une chapelle, non localisée, dédiée à Sainte Catherine et Saint Nicolas.

L'ange Gabriel

 

L'église de Maxéville a également fourni un intéressant panneau, daté d'environ 1530, sur lequel est représenté l'ange Gabriel (Inv. 95.773). Son existence suggère que la collégiale Saint-Georges ait abrité une Annonciation ce qui ne serait guère surprenant au vue de l'utilisation récurrente de ce thème par les ducs de Lorraine. Sur le vitrail, l'archange porte une croix (tronquée) avec un listel portant le début de la salutation angélique : AVE GRA(TIA) PLENA. Malheureusement, la Vierge n'a pas été conservée.

 

Ce vitrail a été restauré en 2007.

Vitrail de l'ange Gabriel, Musée lorrain Inv. 95.773 (cliché blythedollsbonvoyage.blogspot.com)
Vitrail de l'ange Gabriel, Musée lorrain Inv. 95.773 (cliché blythedollsbonvoyage.blogspot.com)

Blasons

 

- Les armes pleines de Lorraine

 

La première composition héraldique (Inv. 95.777), qui était répétée six fois dans l'ancienne église de Maxéville, représentait les armes pleines de Lorraine dans leur disposition de 1500 à 1538 (sans les quartiers de Gueldre et Juliers). Elles datent donc soit de la fin du règne de René II, soit du début de celui d'Antoine. L'écu est surmonté de la couronne ducale. Cette composition est aujourd'hui insérée dans le vitrage d'une fenêtre du premier étage du Musée lorrain.

- Les armes simples de Lorraine et de Bar

 

Deux autres vitraux portent des quartiers des armoiries ducales. Le mieux conservé porte les armes simples de Lorraine (Inv. 95.778) tandis qu'un deuxième, malheureusement fragmentaire, porte celles du duché de Bar (Inv. 95.780). L'écu de Lorraine (le seul qui permette un commentaire) est soutenu par une courroie de cuir et les lambrequins or et gueules qui l'entourent suggèrent qu'il faisait partie d'une composition plus vaste. Le plus probable est qu'elle représentait les armes pleines du souverain dont les différents quartiers étaient répétés sur des écus séparés suspendus dans les lambrequins. On peut donc supposer qu'il existait des écus comparables pour les armes de Hongrie, de Sicile, de Jérusalem, d'Aragon et d'Anjou. Le vitrail aux armes simples de Lorraine est désormais inséré dans le vitrage d'une fenêtre du premier étage du Musée lorrain. Il a récemment été restauré par l'entreprise LouBK. 

- Les armes de Lenoncourt

 

Reste à mentionner des têtes de lancettes portant les armes des Lenoncourt soit "d'argent à la croix engrêlée de gueules" (Inv. 95.779.1 et 95.779.2). Ceux-ci avaient été seigneurs de Maxéville et avaient notamment apposé leur blason sur les chapiteaux des colonnes. Cependant, à la fin du XVe siècle, ils n'avaient plus de liens avec Maxéville passée à une autre famille. En revanche, de nombreux Lenoncourt continuaient d'être inhumés dans la collégiale Saint-Georges et d'y fonder des chapelles. Si on ne peut donc exclure que ces vitraux aient été réalisés pour Maxéville, il ne serait pas non plus incongru qu'ils proviennent de la collégiale. Ce point reste cependant hypothétique.