L'Aile Antoine le Bon

Mise à jour (17/01/2019)

 

La dernière aile existante de l'ancien palais ducal de Nancy est celle qui fermait la cour d'honneur à l'ouest et longeait la Grande-Rue. Elle fut édifiée au début du XVIe siècle par le duc Antoine qui poursuivait ainsi l'oeuvre de modernisation commencée par son père René II. Mêlant le gothique flamboyant à des nouveautés renaissances, ce bâtiment était destiné à accueillir la somptueuse galerie des cerfs à laquelle on montait en gravissant l'escalier de la tour de l'horloge dont la flèche rivalisait avec les clochers de la capitale lorraine et portait fièrement les emblèmes des souverains. Après le départ des ducs, l'aile Antoine le Bon déclina mais, malgré les destructions dont elle fut l'objet, elle survécut. Le XIXe siècle vit sa renaissance tumultueuse et sa transformation en musée.

Léon Voirin, La Grande rue Vielle-Vieille et le palais ducal, 1881, Musée lorrain Inv. 5117 (cliché musee-lorrain.nancy.fr)
Léon Voirin, La Grande rue Vielle-Vieille et le palais ducal, 1881, Musée lorrain Inv. 5117 (cliché musee-lorrain.nancy.fr)

Pour traiter de ce bâtiment à l'histoire riche et mouvementée, nous évoquerons tout d'abord la manière dont il a traversé les siècles jusqu'à nos jours. Puis, nous nous intéresserons à son aspect originel et évoquerons brièvement son agencement intérieur. 


Historique

Une aile essentielle du Palais ducal

Lorsqu'il succéda à son père en 1508, le duc Antoine décida de poursuivre la modernisation du complexe palatial. C'est dans ce cadre que s'inscrit l'édification d'une nouvelle aile le long de la Grande-Rue. Malheureusement, deux éléments manquent à notre connaissance. Premièrement, nous ignorons comment se présentait cette partie du château à l'aube du XVIe siècle. Certes, il y avait eu, par le passé le mur de l''enceinte contre laquelle le duc Ferry III avait construit sa demeure mais nous savons qu'elle avait, au moins partiellement, été démantelée (notamment la porte Bezuel). La construction de l'aile René II apporte quelque élément de réponse (Gaston Save & Charles Schuler, 1893). En effet, lors de fouilles réalisées en 1893 dans la partie subsistante du bâtiment, on découvrit les restes de fenêtres que la construction plus tardive de l'aile Antoine le Bon avait rendu aveugles. Une petite porte, juste en dessous de la corniche, donnait visiblement accès à un balcon ou un chemin de ronde. Il apparaît de ces observations qu'à sa construction, l'aile René II n'était pas accolée, sur la Grande-Rue, à des bâtiments d'importance. Il n'y avait sans doute qu'un mur de faible largeur destiné à séparer le château du reste de la ville. Cela n'exclut bien-sûr pas que d'autres bâtiments aient existé, contre ce mur, à quelque distance au nord de l'aile René II. Le deuxième point sur lequel nous sommes peu renseignés est le projet architectural dont hérita Antoine. En somme, René II envisageait-il d’édifier cette nouvelle aile ou sa construction est-elle à mettre entièrement au crédit d'Antoine ? Les fenêtres aveugles découvertes en 1893 sont là encore le seul indice dont nous disposions car on conçoit mal qu'elles aient été prévus pour n'être qu'éphémères. Si donc René II envisagea des constructions là où son fils édifia son aile, il est probable qu'elles ne devaient pas s'étendre si loin au sud. 

Emplacement de l'aile Antoine le Bon sous René II (dessin personnel)
Emplacement de l'aile Antoine le Bon sous René II (dessin personnel)

Antoine entreprit donc la construction d'une nouvelle aile reliant, en bordure de la Grande-Rue, l'aile René II au corps de logis nord regardant vers le petit jardin et les Cordeliers. Ce faisant, il fermait à l'ouest la cour d'honneur et marquait d'une manière monumentale l'entrée de la demeure ducale. Celle-ci était d'ailleurs au cœur de la vie de la capitale en raison des échoppes qui s'adossaient au murs du palais. Cette proximité entre la cour et les habitants avaient cependant l'inconvénient de nuire à la vue de l'édifice sur lequel on ne pouvait prendre aucun recul. La plus belle représentation ancienne de l'aile Antoine le Bon est dans la Pompe funèbre de Charles III. Le graveur Friedrich Brentel y montre le cortège funéraire passant devant le palais. 

L'aile Antoine le Bon représentée dans la Pompe funèbre de Charles III (1608)
L'aile Antoine le Bon représentée dans la Pompe funèbre de Charles III (1608)

L'édification de l'aile Antoine le Bon fut un chantier important (Henri Lepage, 1852, p. 30-31). Les comptes nous apprennent ainsi qu'en 1511-1512, pas moins de 43 371 pieds de pierre de taille furent amenées depuis Pont-Saint-Vincent, Maizières, Flabémont, Montenoy et Bouxières-aux-Chênes. De même, trente marches et vingt-six toises de pavé, également de pierre de taille, furent expédiées respectivement de Belleville et de Pompey. À cela, il faut ajouter le bois de la charpente et les ardoises de la toiture. Il semble que le duc ait souhaité que les travaux soient rapides car les ouvriers travaillèrent de jour comme de nuit pour achever promptement l'édifice.

L'aile sous le duc Antoine (dessin personnel)
L'aile sous le duc Antoine (dessin personnel)

La finalité de ce bâtiment était son premier étage, auquel on accédait par une tour carrée qui prit plus tard le nom de tour de l'horloge [1]. Il s'agissait d'une vaste galerie d'apparat nommée la galerie des cerfs. En dessous se trouvaient le vestibule [2] prolongé par un portique [3] courant le long du bâtiment jusqu'à la tour. Les espaces intérieurs comprenaient des écuries [4] et la conciergerie du palais [5]. Cet aménagement du rez-de-chaussée varia en partie au gré des besoins de la cour mais le bâtiment demeura inchangé jusqu'au XVIIIe siècle. Lorsque Léopold entreprit la construction du Louvre de Boffrand, l'aile Antoine le Bon ne fut pas inquiétée. Certes, il fut envisagé qu'une fois le nouveau palais achevé, une chapelle lui soit ajoutée ce qui aurait détruit la partie sud du bâtiment (dont la porterie) mais le projet n'eut pas de suite. 

L'aile Antoine le Bon sur le plan de Thomas Belprey (1754)
L'aile Antoine le Bon sur le plan de Thomas Belprey (1754)

Un long déclin

Bien que l'aile Antoine le Bon ait survécu au règne de Léopold, elle n'en souffrit pas moins de la désaffection du duc pour son château nancéien. Son successeur, François III fut le dernier prince héréditaire de Lorraine. Après son départ, Stanislas prit possession du duché. Résidant à Lunéville, il céda le vieux palais à la municipalité en 1739. Avec l'accord du souverain, celle-ci détruisit le Louvre inachevé ainsi que diverses parties datant des époques antérieures. L'aile de la galerie des cerfs fut cependant épargnée car on décida d'y installer la Bibliothèque royale et l'Académie fondée par Stanislas. Cette affectation, temporaire car la bibliothèque fut transférée en 1763 dans les locaux de l'hôtel de ville, sauva sans doute l'édifice.

Jean Girardet, Le Chancelier Chaumont de la Galaizière soumet à Stanislas l'Edit de fondation de la bibliothèque publique de Nancy, v. 1750,  coll. Bibliothèque municipale de Nancy
Jean Girardet, Le Chancelier Chaumont de la Galaizière soumet à Stanislas l'Edit de fondation de la bibliothèque publique de Nancy, v. 1750, coll. Bibliothèque municipale de Nancy

Au départ de la bibliothèque, l'aile fut convertie en écurie destinée au service du palais du gouvernement (Pierre Marot, 1936, p. 9). Le rez-de-chaussée fut donc remanié afin de pouvoir y loger une vingtaine de chevaux. Le manque d'entretien avait sans doute fragilisé la structure de l'édifice car on détruisit la pesante voûte en pierre de la galerie des cerfs, qui servait désormais de grenier à fourrage, et on construisit d'épais contreforts dans lesquels furent noyés les sculptures du XVIe siècle. Dans le même temps, les arcades gothiques furent fermées et des remises aménagées. Une porte cochère, plus tard appelée "porte des gendarmes", fut même percée dans le mur donnant sur la Grande-Rue. Tandis que ces modifications permettaient de changer l'usage du lieu, la Révolution avait éclatée entraînant, sur ordre de la municipalité, la destruction de la statue équestre de la porterie et des armoiries ducales. La ville loua également des portions de la galerie des cerfs à différents particuliers, ce qui indique qu'elle n'était pas entièrement utilisée pour le stockage du fourrage.

 

En 1823, un accord entre le conseil général de la Meurthe et la municipalité transforma les dépendances du palais du gouvernement en bureaux pour la préfecture (Pierre Marot, 1936, p. 11-12). La moitié sud du vestibule fut également cédée afin d'y aménager les latrines de ces locaux administratifs. Le statut de l'aile Antoine le Bon restait cependant assez confuse. En 1827, un nouvel accord clarifia la situation. Hormis la question des latrines considérée comme réglée, il fut décidé que l'usufruit du bâtiment reviendrait au conseil général (auquel revenait légalement la charge de loger les gendarmes et leurs montures). En retour, celui-ci s'engageait à assurer la réparation de l'édifice en sauvegardant la porterie, les balcons et la tour de l'horloge. La municipalité se réservait seulement la galerie du rez-de-chaussée afin d'y mettre ses pompes à incendie, jusqu'alors stockées au couvent des Cordeliers. 

L'aile Antoine le Bon avant l'accord de 1827 (dessin personnel)
L'aile Antoine le Bon avant l'accord de 1827 (dessin personnel)

La renaissance et la restauration

L'accord de 1827 marqua le début des nombreuses restaurations que connu l'aile Antoine le Bon au XIXe siècle. Pour l'heure cependant, la priorité n'était pas encore à la mise en valeur du patrimoine ducal. Certes, des Lorrains, comme l'architecte Grillot, envisageaient déjà d'aménager un dépôt d'objets historiques mais le but du conseil général restait de veiller à l'usage pratique du lieu pour la gendarmerie. L'architecte départemental Charles-François Chatelain fut chargé des travaux. Favorable à la création d'un musée historique lorrain, celui-ci proposa un compromis (Pierre Marot, 1936, p. 14). Les chevaux des gendarmes seraient logés non dans le vieux château, mais dans l'écurie construite dans la cour au XVIIIe siècle et qui jusqu'alors avait fait l'objet de locations. Le portique, remis dans son état d'origine, deviendrait une salle d'inspection ouverte sur la cour tandis que la galerie des cerfs, libéré du fourrage des montures, serait en mesure d'abriter les Archives départementales justement trop à l'étroit à l'Hôtel de la Monnaie. Le conseil général refusa ce projet. Certes, la nouvelle écurie serait utilisée, mais le portique fut coupé afin d'aménager une sellerie [1] et des box pour les chevaux passants [2] et les chevaux malades [3]. Un mur fut également bâti pour séparer la cour de la caserne du dépôt des pompes [4]. Les travaux, commencés en 1828, s'achevèrent en 1831.

La Société d'Archéologie Lorraine fut crée en 1848. Deux ans plus tard, ce fut le tour du comité du Musée historique lorrain destiné à s'installer dans l'ensemble de l'aile Antoine le Bon. Les différentes administrations ne cédèrent pourtant pas facilement les locaux (Paul Sadoul, 1998, p. 6). Si la municipalité ne fit pas d'obstacle à retirer ses pompes à incendie, le conseil général refusa pendant des mois d'évacuer les latrines du vestibule, l'écurie et la sellerie du portique et la galerie des cerfs. Il n'accepta finalement qu'à la condition que l'évacuation ne coûterait rien au département. La jeune Société d’Archéologie Lorraine fut donc obligée d'ouvrir une souscription pour construire de nouvelles latrines. Le vestibule et la galerie du rez-de-chaussée purent donc être aménagés pour accueillir les premières œuvres tandis que la Société essayait de rassembler l'argent nécessaire à la construction d'un nouveau bâtiment dans la cour de la gendarmerie, afin d'y transférer les écuries et le grenier. Ce n'est qu'en 1857 que cette phase du projet s'acheva. Restait à restaurer l'édifice pour en faire un musée convenable. La porterie avait été restaurée assez rapidement mais beaucoup restait à faire. C'est Émile Boeswillwald, architecte des Monuments historiques, qui, dès 1850, avait été chargé de redonner son éclat à la dernière aile du palais ducal (Thierry Dechezleprêtre & Marie Gloc, 1998, p. 34-37). À la suite d'une étude préalable rigoureuse, il proposa une restauration s'appuyant à la fois sur l'iconographie ancienne et sur une approche archéologique. Pour des raisons budgétaires, il se borna à la restauration du gros oeuvre, ajournant le rétablissement de la tour de l'horloge ou des décorations de la toiture. Ils permirent notamment de rétablir l'unité du vestibule et du portique, désormais ouvert sur la cour. Notons que des verrières furent installées pour isoler le vestibule et sa collection lapidaire. La cour du musée fut séparée de celle de la caserne par un mur égayé par quelques plantes rompant la minéralité du lieu. C'est cet état de l'aile qui fut dessiné par Adolphe Maugendre en 1859. 

Bien que l'inauguration ait eu lieu en 1862, les derniers travaux ne s'achevèrent qu'en 1868. Malheureusement, tout le travail réalisé pour restaurer le vieux palais et en faire un musée moderne fut réduit à néant dans la nuit du 16 au 17 juillet 1871 lorsqu'un incendie qui s'était déclaré dans la gendarmerie voisine ravagea l'édifice et les collections qu'il abritait. Dès l'année suivante, Émile Boeswillwald proposa donc un nouveau projet de restauration. Il fut décidé que la gendarmerie serait détruite et que Prosper Morey construirait à son emplacement une École Supérieure tandis qu'Émile Boeswillwald s'occuperait du Musée lorrain. 

L'aile Antoine le Bon après l'incendie de 1871
L'aile Antoine le Bon après l'incendie de 1871

Bien que le nouveau projet de restauration d'Émile Boeswillwald s'appuya sur ce qu'il avait fait les années précédentes, des modifications importantes sont à noter (Thierry Dechezleprêtre & Marie Gloc, 1998, p. 38-39). Pour éviter de nouveaux sinistres, il fut décidé de remplacer la charpente en bois, détruite, par une nouvelle qui soit métallique. La démarche est comparable à ce qui se faisait à l'époque sur les chantiers de restauration de cathédrales comme celles de Laon, de Rouen ou de Paris. Grâce aux subventions des Monuments Historiques et à la générosité de François-Joseph, empereur d'Autriche et descendant des ducs de Lorraine, il fut même possible d'aller plus loin qu'auparavant en rétablissant la flèche de la tour de l'horloge ainsi que les riches décors de la toiture. Ces nouveaux travaux s'achevèrent en 1880.

La charpente moderne de l'aile Antoine le Bon (cliché Baudouin Architecte, 2013)
La charpente moderne de l'aile Antoine le Bon (cliché Baudouin Architecte, 2013)

L'aile Antoine le Bon n'a pas connu de modifications majeure depuis les grands chantiers du XIXe siècle. Considéré comme l'écrin du Musée lorrain, l'édifice a patiemment été entretenu et protégé lorsque les circonstances l'exigeaient. Ainsi, la porterie fut, comme d'autres monuments nancéiens, protégés lors des bombardements de la Grande Guerre. Par chance, aucune bombe allemande ne toucha le musée (la basilique Saint-Epvre fut moins chanceuse). La pollution et les aléas météorologiques, dont la tempête de 1999, endommagèrent davantage l'édifice et ses ornements. Pour cette raison, une vaste rénovation fut menée de 2005 à 2012 sous la direction de l'architecte en chef des Monuments Historiques Pierre-Yves Caillault. Entreprise dans le contexte plus large de la modernisation du Musée lorrain, cette restauration a non seulement redonné son lustre à l'édifice, mais elle a également entraîné des découvertes archéologiques permettant de rétablir la polychromie originelle du vestibule et du portique.


Description

La façade occidentale sur la Grande-Rue

La façade ouest de l'aile Antoine le Bon longe la Grande-Rue, axe principal de la Ville-Vieille allant de la porte de la Craffe à la porte Saint-Nicolas (aujourd'hui Place Vaudémont). L'élément le plus marquant de cette façade, globalement assez austère, est la porterie abritant la statue équestre du duc Antoine et ses armoiries. Vous en trouverez une description ICI

La Porterie d'Antoine sur la Grande-Rue (cliché personnel ; 2016)
La Porterie d'Antoine sur la Grande-Rue (cliché personnel ; 2016)

Outre cette entrée monumentale, destinée aux carrosses, et la porte Masco, pour les piétons, qui lui est accolée, le rez-de-chaussée était presque aveugle à l'époque ducale en raison des boutiques construites contre le mur du palais. Seules deux fenêtres permettaient d'éclairer les pièces qui ne pouvaient avoir d’ouverture côté cour en raison de la présence de la tour de l'horloge. En revanche, le 1er étage est percé de six fenêtres dont trois comportant des balcons à encorbellement. 

 

Cette façade sur la Grande-Rue est visible sur la gravure de Claude Deruet montrant l'ensemble du palais ducal. Cependant, cette représentation est sur bien des points erronée. Tout d'abord, la tour de l'horloge est représentée trop au nord alors qu'elle devrait se trouver à la hauteur du balcon situé à l'extrémité de la galerie des cerfs. De plus, les proportions de la toiture sont minimisées tandis que celles de la porterie apparaissent excessives. Enfin, la comparaison avec la gravure de Friedrich Brentel pour la Pompe funèbre de Charles III montre que Claude Deruet à ajouté à tort des festons au-dessus des fenêtres, sans doute dans un but de continuité avec l'aile Charles III, plus au nord, qui en possède.  

Aile Antoine le Bon  (Le Palais ducal par Claude Deruet, 1664)
Aile Antoine le Bon (Le Palais ducal par Claude Deruet, 1664)

Les balcons

 

Outre la porterie, le principal élément décoratif de cette aile sont les fenêtres à meneau. Leurs appuis sont torsadés tout comme la corniche courant tout le long du bâtiment et de laquelle s’élancent les gargouilles. Pour revenir aux fenêtres, notons que trois d'entre elles possèdent un balcon à encorbellement. Il s'agit des deux situées de part et d'autre de la porterie ainsi que celle de l'extrémité nord de l'aile. Tous ces balcons sont uniques. Non seulement les culs-de-lampe présentent des figures variées mais on peut également observer sur les balcons encadrant les Porterie des motifs végétaux et des motifs de balustrade différents. 

 

- Le balcon des putti

 

Le premier balcon dont nous allons parler est celui situé le plus au nord. Si son encorbellement est sobre et n’appelle pas de commentaire particulier, son cul-de-lampe est plus énigmatique. Il est orné de deux putti joufflus tenant l'un un flambeau retourné et une guirlande de fleurs et l'autre un listel portant une inscription. Cette inscription semble être "Amour mourt pas[s]e" soit "L'amour meurt et passe" (Christian Pfister, 1909, p. 22). Il est cependant possible que cette lecture soit fausse. Rappelons que les sculptures de la façade ont été restaurées au XIXe siècle.

 

- Le balcon du centaure et du triton

 

Le deuxième balcon, en venant du nord, est celui placé à gauche de la porterie. L'encorbellement est décoré d'élégants motifs végétaux. Le cul-de-lampe, quant à lui, figure deux créatures mythologiques affrontées : à gauche, un hippocentaure et, à droite, un triton barbu. Ils semblent supporter le poids de l'encorbellement.

 - Le balcon des sauvages

 

Ce troisième et dernier balcon, situé à droite de la porterie, est sans doute le plus intéressant. Ceci n'est pas dû aux motifs végétaux, bien qu'ils diffèrent du balcon précédents, mais aux personnages représentés sur le cul-de-lampe. Il s'agit de deux "sauvages" grimaçants en raison de la lourde charge qu'ils portent. Leurs coiffures et leurs vêtements apportent une note d'exotisme qui fait écho au contexte de leur création. Rappelons que les Grandes Découvertes ont eu un écho particulier en Lorraine notamment sous le règne de René II. Ami d'Amerigo Vespucci, avec lequel il s'était lié dans sa jeunesse en Italie, le père d'Antoine avait soutenu les travaux de cartographies du "Gymnase vosgien" en leur confiant les carnets du navigateur. C'est la raison pour laquelle le planisphère de Waldseemüller donna au continent découvert à l'ouest le nom d'Amérique qui lui est resté. À son niveau, ce balcon témoigne de la fascination que ces découvertes exercèrent sur la cour ducale.

Les gargouilles

 

La base de la toiture du bâtiment est marquée par une élégante corniche torse. Plusieurs gargouilles s'en élancent pour déverser l'eau de pluie loin des murs. Sculptées au moment de la construction de l'aile, elles furent détruites à une date indéterminée au point qu'il n'en restait plus sur la Grande-Rue au milieu du XIXe siècle. Elles ne furent reconstituées par Émile Boeswillwald que durant la restauration des années 1870.

 

Les gargouilles du XVIe siècle

 

Le nombre exact de gargouilles originelles n'est pas connu avec certitude. Friedrich Brentel en montre huit mais, la partie sud de l'aile étant hors-champ, on peut supposer l'existence de deux gargouilles supplémentaires. La vue de Claude Deruet, quant à elle, n'en montre que six. Il peut s'agir d'une nouvelle erreur de l'artiste mais il n'est pas exclu non plus que certaines gargouilles aient manqué en 1641. Admettons qu'une dizaine ornaient la corniche. Quatre d'entre elles étaient l'oeuvre de Mansuy Gauvain, qui a également sculpté la statue équestre de la porterie (Henri Lepage, 1852, p. 32). Le bestiaire représenté compte des canidés, des chimères (alliant un protomé de vautour à des pattes postérieures de mammifère) et un homme nu. Initialement, les gargouilles étaient prolongées par un tube permettant de déverser l'eau plus loin.

Les gargouilles de Émile Boeswillwald

 

Détruites à une date inconnue, les gargouilles de la façade occidentale de l'aile Antoine le Bon furent reconstituées par Émile Boeswillwald après l'incendie de 1871. Il semble s'être assez peu inspiré de la gravure de Friedrich Brentel. Ainsi, on ne retrouve, parmi ses neuf gargouilles, ni les canidés, ni les chimères ailées. Seule la figure humaine fut reprise mais avec trois différences. Tout d'abord, elle fut placée à droite et non à gauche de la porterie. De plus, le bras droit de l'homme ne se trouve plus le long de son corps mais de manière à ce qu'il tienne son front. Enfin, détail amusant, on l'habilla d'un caleçon pour éviter une nudité choquante. Outre la gargouille humaine, les autres  figurent des monstres variés. certaines de ces chimères ont bien des ailes mais elles n'ont pas été représentées déployées. On peut également observer un curieux cochon dont les pattes avants sont celles d'un chien. On notera également, à la limite nord de l'aile, la présence surprenante de deux gargouilles côte à côte. Celle de gauche appartenant au pavillon Morey et celle de droite à la restauration d'Émile Boeswillwald. Une anecdote veut que l'architecte, qui avait commencé sa carrière comme sculpteur, ait lui même montré, le burin à la main, quelle finesse de modelé il attendait pour la taille des gargouilles (Bulletin des sociétés artistiques de l'Est, 1896, p. 48)

 

Comme les photographies le montrent, les gargouilles modernes n'ont plus leur utilité d'antan et sont pour cette raison dépourvues du tube dont nous avons constaté la présence sur celles du XVIe siècle. Des gouttières, peintes de la même teinte que la pierre, pourvoient à l'évacuation des eaux de pluie. Précisons que lors de la restauration de 2005-2012, une protection en plomb fut installée pour limiter l'érosion des gargouilles

La façade orientale sur la Cour d'honneur

Si la façade occidentale de l'aile est relativement sobre, celle côté cour est plus ornée. Elle se caractérise par la présence de la tour de l'horloge et par la distinction entre le rez-de-chaussée, ouvert sur le vestibule et le portique, et le premier étage, correspondant à la galerie des cerfs, qui est percé de neuf fenêtres à meneaux. De plus, elle est rythmée par des contreforts correspondant à chaque pilier du rez-de-chaussée.

 

Précisons que l'apparence de cette façade n'est documentée par aucune représentation antérieure au XIXe siècle. Ceci compliqua grandement la tâche d'Émile Boeswillwald lorsqu'il fut chargé de restaurer le monument en le débarrassant des ajouts postérieurs qui l'encombraient.

La façade orientale de l'aile Antoine le Bon (cliché personnel ; 2017)
La façade orientale de l'aile Antoine le Bon (cliché personnel ; 2017)

Concernant l'ornementation de cette façade, il faut non seulement s’intéresser aux contreforts, richement décorés, mais aussi à une série de dix-huit médaillons placés de part et d'autre de chaque arcade.

 

Les contreforts

 

Les piliers du portique et du vestibule donnent naissance à de gracieux contreforts montant jusqu'à la corniche droite (et non torse comme sur l'autre façade). Au milieu du XIXe siècle, l'apparence des contreforts était inconnue (Thierry Dechezleprêtre & Marie Gloc, 1998, p. 35-36). Ils étaient en effet enveloppés dans une grossière maçonnerie destinée à renforcer un édifice qu'on répugnait alors à restaurer. Pour retrouver leur dessin originel, Émile Boeswillwald fit démonter la maçonnerie d'un des contreforts. Cette démarche archéologique lui permit de retrouver les anciennes sculptures et de les rétablir pour chaque élément de la façade. 

 

Les contreforts de l'aile Antoine le Bon sont construits sur le modèle suivant :

  • La partie inférieure, correspondant aux piliers, s’appuie sur une base et s'achève par un petit gâble décoré de feuillage et contenant en son sein une coquille renaissance. Notons que celui du contrefort touchant à la tour de l'horloge est beaucoup plus simple.
  • La partie supérieur, très élancée, s'achève par un pinacle. Des poissons accolés et têtes en bas, en forment le commencement. Ils sont généralement regardés comme des dauphins (Sylvain Bertoldi, 1990, p. 278). Cependant, ne faudrait-il pas, dans le palais des ducs de Lorraine, les interpréter comme des bars ? On notera que chaque paire de dauphins (ou de bars) est différente. Quoi qu'il en soit, ces poissons (le terme n'est pas impropre car en héraldique, les mammifères marins sont comptés parmi les poissons) sont surmontés par le pinacle proprement dit décoré de motifs végétaux. 
  • Pour finir, il faut évoquer les gargouilles qui sont placées au-dessus de chaque contrefort. Contrairement à leurs sœurs surplombant la Grande-Rue, elles furent rétablies par Émile Boeswillwald dès sa première restauration avant l'incendie. C'est la raison pour laquelle Adolphe Maugendre les a représenté sur sa gravure de 1859. Naturellement, elles furent détruites pendant l'incendie de 1871 et il fut nécessaire de les refaire.

Les gargouilles orientales reprennent les mêmes éléments que celles de la façade occidentale. Nous retrouvons en effet des chimères comparables. On trouve également un homme qui fait écho à celui de l'autre côté. Cette fois privé de son caleçon, il se tient la mâchoire de la main gauche. Précisons qu'Émile Boeswillwald dut ajouter une gargouille, la dixième, à droite de la tour de l'horloge.

 

 

Les médaillons

 

En dessous de chaque fenêtre de la galerie des cerfs se trouvent disposés deux médaillons de pierre placés de part et d'autre de l'axe créé par l'arcade. Ces médaillons furent sans doute martelés à la Révolution et, de toute façon, partiellement masqués lors de la construction des gros contreforts. Aussi, il n'en restait plus que la trace lorsqu'Émile Boeswillwald entama la restauration de la façade. Heureusement, un texte de Dom Calmet apportait quelques précisions fort utiles qui montraient le lien existant entre ces médaillons et ceux existant sur les voûtes du rez-de-chaussée (Dom Calmet, 1736, p. 11). Fort de cette documentation, le sculpteur Giorné Viard reconstitua les médaillons disparus (Christian Pfister, 1909, p. 24). Il s'agit de figures humaines regardant pour la plupart vers la gauche. Elles sont parfois grotesques, parfois réalistes. Dom Calmet croyait y voir les portraits des ducs ayant précédé Antoine mais cela n'est, pour autant que l'on sache, que partiellement vrai. Certains médaillons portent une inscription et d'autres non. Nous les évoquerons en allant du médaillon le plus à gauche à celui placé à côté de la tour de l'horloge.

  • Le premier porte une figure barbue et casquée. Le médaillon, anépigraphe, est délimité par ce qui semble être une cordelette portant des nœuds (?).
Premier médaillon (cliché personnel ; 2017)
Premier médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le deuxième porte une figure barbue dont le casque rappelle un animal aquatique couvert d'écailles. La devise d'Antoine "J'espère avoir" court derrière le personnage.
Deuxième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Deuxième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le troisième porte une figure imberbe représentée presque de face. Il n'est pas aisé de dire si le couvre-chef est un casque ou une coiffure féminine. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure ornée d'une spirale perlée.
Troisième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Troisième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le quatrième porte une figure imberbe coiffée d'un casque muni de cornes de béliers. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure richement ornée de pierreries et d'arabesques.
Quatrième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Quatrième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le cinquième porte une figure barbue et chevelue coiffée d'un couvre-chef complexe muni d'étoffes flottantes. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure sculptée à la semblance d'une corde.
Cinquième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Cinquième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le sixième porte une figure imberbe grimaçante qui n'est pas sans rappeler les sauvages du balcon à droite de la porterie. L'homme, portant une boucle d'oreille, est coiffé de ce qui semble être une couronne barbare. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure décorée de petits motifs .
Sixième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Sixième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le septième porte une figure imberbe coiffée d'un casque ornementé. Le personnage, au nez busqué, semble empreint de fierté. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure décorée fleurs.
Septième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Septième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le huitième porte une figure barbue coiffée d'un chapeau. La bordure du médaillon contient la devise du duc "J'espère avoir".
Huitième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Huitième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le neuvième porte une figure imberbe dont le casque représente une tête de bélier. Le médaillon, anépigraphe, est bordé d'une rangée de fleurs. Il est impossible de dire si cette effigie est une figure grotesque ou un portrait ducal. Cependant, elle servit de modèle pour représenter Jean Ier, fondateur de la porte de la Craffe, lorsqu'en 1861, le commandant Trancart restaura ce monument. Si les traits furent adoucis, le casque fut globalement reprit tel quel. Remarquons que sur le buste désormais visible, le sculpteur a représenté un alérion.
  • Le dixième porte une figure imberbe, empreint de majesté, qui est coiffée d'une couronne. Celle-ci se compose de cinq pics surmontés de perles. S'agit-il pour autant d'une couronne comtale ? Le médaillon, anépigraphe, est bordé de motifs décoratifs.
Dixième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Dixième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le onzième porte une figure barbue coiffée d'une barrette. Ce couve-chef est surtout connu comme coiffe ecclésiastique. Si on veut y voir un membre de la Maison de Lorraine, plusieurs noms peuvent être évoqués. Jean et Louis, les frères d'Antoine destinés à la carrière ecclésiastique, étaient probablement trop jeunes pour être représentés ainsi (ils sont nés en 1498 et 1500). En revanche, on peut penser à l'évêque de Metz Henri de Lorraine-Vaudémont (mort en 1505) ou au cardinal Louis de Bar (mort en 1430) qui est à l'origine de l'union des duchés de Lorraine et de Bar. Le médaillon, anépigraphe, est bordé de pierreries et d'arabesques.
Onzième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Onzième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le douzième porte une figure imberbe représentée de face. Le personnage, arborant un large sourire, est coiffé d'un couvre-chef fantaisiste. Le médaillon, anépigraphe, est décoré de fleurs.
Douzième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Douzième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le treizième porte une figure imberbe coiffée d'un casque orné de feuilles de chêne. Le buste cuirassé renforce l'allure martiale du personnage. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure ornée d'une spirale perlée.
Treizième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Treizième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le quatorzième porte une figure barbue et tête nue. Le personnage, qui semble vêtu d'une chlamyde, arbore un rictus. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure sculptée à la semblance d'une corde.
Quatorzième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Quatorzième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le quinzième est l'un des plus intéressant car il s'agit d'un portrait d'Antoine, en armure et coiffé de la couronne ducale. L'identification est autorisée par la proximité entre ce relief et les effigies monétaires. Le médaillon, qui porte la devise "J'espère avoir", est délimité par ce qui semble être une cordelette portant des nœuds (?).
  • Le seizième porte une figure moustachue coiffée d'un large chapeau. Le médaillon, anépigraphe, a une bordure ornée d'une spirale perlée.
Seizième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Seizième médaillon (cliché personnel ; 2017)
  • Le dix-septième est le plus connu des médaillons ornant la façade. Il représente René Ier, presque de face. Coiffé d'un chapeau, celui par qui sont venues les prétentions royales des ducs de Lorraine porte le collier de l'ordre de Saint-Michel. Très beau, ce relief s'éloigne cependant du témoignage de Dom Calmet qui mentionne un chapelet dans les mains du souverain. En revanche, l'inscription Rex Renatus et bien présente. 
Dix-septième médaillon à l'effigie du roi René (cliché personnel ; 2017)
Dix-septième médaillon à l'effigie du roi René (cliché personnel ; 2017)
  • Le dix-huitième et dernier porte une figure imberbe coiffée d'un chapeau. Le médaillon, anépigraphe, est décoré de fleurs.
Dix-huitième médaillon (cliché personnel ; 2017)
Dix-huitième médaillon (cliché personnel ; 2017)

La toiture de l'aile

Pour conclure cette description des extérieurs de l'aile Antoine le Bon, il faut s'arrêter sur la toiture qui tient son intérêt se son élévation ainsi que de son ornementation. Elle était originellement faite d'une charpente en chêne supportant une couverture en ardoise posées en écaille. C'est ce que montrent les gravures de Friedrich Brentel et de Claude Deruet. Cette toiture brûla en 1871. Une toiture éphémère fut installée en attendant la confection d'un nouvelle définitive. Cette dernière, réalisée par Émile Boeswillwald, est quelque peu différente de celle d'origine (www.agencecaillault.com/palais-ducal-nancy). Outre que la charpente est métallique pour prévenir les incendies, les ardoises, Fumay de couleur violines, sont rectangulaires et posées au crochet. Il s'agit là d'une invention du XIXe siècle évitant d'avoir à clouer les ardoises. 

Coupe de la toiture temporaire après l'incendie de 1871 (AMN)
Coupe de la toiture temporaire après l'incendie de 1871 (AMN)

La toiture de l'aile est percée de quatorze lucarnes ornées d'épis dorés. Il s'agit encore une fois d'une reconstitution d'Émile Boeswillwald réalisée à partir de la documentation ancienne. Précisons que le but de ces lucarnes était de donner de la lumière à un galetas situé au-dessus de la galerie des cerfs. Un inventaire de 1553 nous apprends qu'à cette époque on y entreposait des meubles tels que des tables (cinq longues tables de sapin, une table de marqueterie et une table carrée), un buffet, un escabeau (petit banc), un écran de cheminée, trois grandes cages à oiseaux, les six lustres destinés à être suspendus dans la galerie ainsi que divers autres objets (Charles Guyot,1891, p. 187-188). Ce galetas servit également pendant un moment à entreposer les tapisserie ducale car il fut désigné un temps comme la "chambre de la tapisserie dessus la galerie des cerfs" (Henri Lepage, 1857, p. 19).

Lucarne sur la Grande-Rue (cliché personnel ; 2017)
Lucarne sur la Grande-Rue (cliché personnel ; 2017)

Reste à évoquer la crête en fer dorée surmontant le faîte de l'aile. Visible sur les gravures anciennes, elle disparut à une date indéterminée. La légende veut qu'elle ait été emportée par le duc François III en 1737 lorsqu'il quitta définitivement la Lorraine (Christian Pfister, 1909, p. 22). De fait, elle n'apparaît pas sur le plan de Belprey de 1754. La crête fut rétablie par Émile Boeswillwald qui renforça également le pignon surmonté d'un épi de faîtage en pierre. La nouvelle crête fut peinte mais ses dorures (ainsi que celles des lucarnes) ne furent réalisées qu'au début du XXIe siècle.

La toîture de l'aile Antoine le Bon (cliché personnel ; 2017)
La toîture de l'aile Antoine le Bon (cliché personnel ; 2017)